NOUVELLES

Affrontements pour le contrôle de l'aéroport de Tripoli

13/07/2014 01:19 EDT | Actualisé 12/09/2014 05:12 EDT

Des affrontements meurtriers ont opposé dimanche des groupes armés à Tripoli pour le contrôle de l'aéroport, illustrant la lutte d'influence entre libéraux et islamistes dans un pays livré à l'anarchie depuis la chute du régime de Mouammar Kadhafi en 2011.

Le gouvernement a appelé à la cessation des combats et au dialogue, au moment où l'Occident a exprimé ses inquiétudes quant à l'escalade de la violence. Les Etats-Unis ont notamment mis en garde contre le risque d'"un conflit généralisé".

Six personnes ont été tuées et 25 autres blessées dans les combats de dimanche, selon le ministère de la Santé.

Les autorités aéroportuaires ont décidé de fermer l'aéroport durant au moins trois jours.

L'aéroport a été attaqué tôt le matin par des milices islamistes déterminées à en chasser les brigades anti-islamistes de Zenten, une ville à 170 km au sud-ouest de Tripoli.

Bien implantées dans la capitale, les brigades de Zenten contrôlent l'aéroport depuis la chute de Kadhafi, ainsi que des sites militaires sur la route reliant Tripoli à l'aéroport.

"Des roquettes ont explosé (...) vers 06H00 (04H00 GMT). Des affrontements ont suivi entre des ex-rebelles de Zenten (...) et d'autres groupes", a expliqué à l'AFP une source aéroportuaire.

Des tirs d'armes lourdes ont été entendus depuis le centre-ville, selon un correspondant de l'AFP, tandis que des témoins ont fait état de colonnes de fumée s'élevant au-dessus de l'aéroport.

Selon une source à l'aéroport, l'attaque a été repoussée par les Zentanis mais des affrontements ont suivi autour d'autres sites occupés par ces derniers, en particulier sur la route de l'aéroport, selon des témoins.

Dans l'après-midi, les combats ont perdu d'intensité pour s'arrêter en début de soirée, avant la rupture du jeûne du mois sacré de ramadan.

L'attaque a été revendiquée par des milices islamistes alliées, considérées comme le bras armé du courant islamiste dans le pays.

"Le gouvernement demande aux assaillants d'arrêter immédiatement et sans condition les actions militaires", a déclaré le porte-parole Ahmed Lamine.

- L'Occident inquiet -

Depuis la chute de Kadhafi, les autorités de transition ont été incapables de mettre sur pied une armée professionnelle et ont ainsi notamment échoué à dissoudre ou au moins désarmer les groupes d'ex-rebelles qui avaient vu le jour lors de la révolution de 2011 et qui font aujourd'hui la loi dans le pays.

Profitant de la faiblesse des autorités, Khalifa Haftar, un général dissident appuyé par des unités de l'armée, a lancé le 16 mai une opération contre les milices "terroristes" dans l'est du pays.

Depuis, des affrontements quasi-quotidiens opposent ses forces aux groupes islamistes, en particulier à Benghazi, chef-lieu de l'Est libyen et fief de groupes radicaux.

Le général Haftar, que les islamistes accusent de mener un coup d'Etat, a notamment reçu le soutien des brigades de Zenten.

Dans ce contexte, les ministres des Affaires étrangères des voisins de la Libye doivent se réunir dimanche soir en Tunisie pour s'entretenir des moyens de soutenir ce pays.

Le chef de la diplomatie libyenne, Mohamed Abdelaziz, ne pourra cependant pas s'y rendre en raison de la fermeture de l'aéroport, selon un responsable libyen.

L'Italie, qui assure la présidence de l'Union européenne, a appelé à une "action politique internationale immédiate pour encourager et soutenir la pacification et la reconstruction" du pays, selon la ministre italienne des Affaires étrangères, Federica Mogherini.

De son côté, le ministre britannique chargé du Proche-Orient, Hugh Robertson, a exhorté "toutes les parties à cesser immédiatement la violence et à s'engager dans un dialogue constructif".

Les Etats-Unis ont eux appelé à une réunion du nouveau Parlement, élu le 25 juin.

La Haute commission électorale libyenne a annoncé le 6 juillet que seuls 184 sièges (sur 200) avaient été pourvus, le vote ayant été annulé dans plusieurs bureaux en raison de violences.

Les listes politiques ayant été bannies, seuls des "candidats individuels" --mais pas forcément indépendants-- avaient pu se présenter.

La composition politique du futur Parlement ne sera donc pas connue dans l'immédiat. Mais selon des observateurs, le courant national (libéral) serait mieux représenté que les islamistes.

ila/vl

PLUS:hp