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Passage Nord-Ouest à la rame: Charles Hedrich prêt pour la 2e étape

12/07/2014 05:23 EDT | Actualisé 11/09/2014 05:12 EDT

Contraint par les glaces en septembre 2013 de suspendre sa tentative de première mondiale, relier Pacifique et Atlantique à la rame via le Passage du Nord-Ouest, dans l'Arctique, l'aventurier français Charles Hedrich est de retour à Tuktoyaktuk, au coeur du pays inuit, pour la deuxième étape de son aventure.

«Je suis fin prêt, en pleine forme, mais par contre je suis en attente de vents favorables, il faut que les vents tournent à l'ouest», a-t-il expliqué par téléphone à l'AFP, depuis «Tuk», au nord-ouest du Canada.

C'est là, aux confins du fleuve Mackenzie et de la mer de Beaufort, qu'il avait dû hiverner après deux mois et demi d'une aventure amorcée dans le petit village tcouktche de Wales, en Alaska, à l'entrée du détroit de Bering.

Arrivé au niveau du cap Bathurst, à l'entrée du Golfe d'Amundsen, le long des côtes canadiennes, après quelque 1.700 km à la rame en solo, il avait été contraint de rebrousser chemin pour hiverner à Tuktoyaktuk. La faute aux glaces, revenues très tôt, avec près d'un mois d'avance sur l'été 2012.

Revenu il y a une semaine au Canada, l'ex-homme d'affaires reconverti en aventurier multicartes a retrouvé son «rameur des glaces», une embarcation de 6 m en kevlar/carbone, qu'il avait entreposée pour l'hiver dans le garage d'une famille inuite.

«J'ai préparé le bateau, j'ai dérouillé le fusil et j'ai acheté tous les vivres. Normalement, le départ est prévu dimanche à la première heure», a précisé ce rameur aguerri de 56 ans, auteur en 2012 du premier aller aller-retour en solo sur l'Atlantique, exploit réalisé en 141 jours.

Ours polaires sur la banquise

Depuis «Tuk», ce sera donc cap à l'est, jusqu'à la mer de Baffin, entre Canada et Groenland, qu'il espère atteindre d'ici mi-septembre en se ravitaillant toutes les trois semaines dans les quelques villages inuits se trouvant sur son parcours.

Avec, entretemps, ce fameux Passage du Nord-Ouest, qu'il a déjà franchi à la voile en 2009. "Mais là, le bateau est tellement petit! L'an dernier, j'ai même été un moment soulevé par une baleine. Et je ne parle pas des morses, des orques, des bélugas. Ramer dans ces zones, c'est merveilleux".

Deux mois de périple donc, le long d'un parcours qui n'est pas sans risques: vents, courants, banquise et, inévitablement avec elle, les ours polaires, d'où son inséparable carabine Winchester de calibre 300.

"Autant quand je suis en mer en train de ramer il n'y a pas de danger, dès que je grimpe le bateau sur la banquise, là il faut faire attention. L'an dernier, j'en ai compté un moment 16 autour de moi", explique-t-il, soulignant cependant ne jamais avoir dû faire feu.

Amundsen, le pionnier

Après avoir dû suspendre sa tentative l'an passé, Charles Hedrich veut aller au bout cette année. Jusqu'au Détroit de Davis et à la mer de Baffin, ce qui ferait de lui le premier à avoir relié Pacifique et Atlantique à la rame via ce Passage du Nord-Ouest.

En chemin, il pourrait rattraper Anne Quéméré, la navigatrice quimpéroise partie depuis une semaine de «Tuk». L'aventurière, célèbre pour ses transatlantiques à la rame en 2002 et 2004, s'est elle aussi attaquée au Passage du Nord-Ouest, sur un kayak de 5 m de long. Différence de bateau donc, et de distance: son défi a débuté dans l'Arctique, et non depuis le Pacifique.

Aux dernières nouvelles, sur son blog, le 10 juillet, la navigatrice, ralentie voire bloquée par les vents, s'était réfugiée dans une baraque de fortune, sur la côte.

Le premier marin à avoir relié Pacifique et Atlantique via le Passage du Nord-Ouest est un certain Roald Amundsen. A bord du Gjoa, le Norvégien avait mis trois saisons, de 1903 à 1906, pour boucler son périple, entre les Détroits de Davis et de Bering.

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