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Passage Nord-Ouest à la rame: Charles Hedrich reparti pour la 2e étape

12/07/2014 03:36 EDT | Actualisé 11/09/2014 05:12 EDT

Contraint par les glaces en septembre 2013 de suspendre sa tentative de première mondiale, relier Pacifique et Atlantique à la rame via le Passage du Nord-Ouest, dans l'Arctique, l'aventurier français Charles Hedrich est reparti samedi de Tuktoyaktuk (Canada), au coeur du pays inuit, pour la deuxième étape de son aventure.

Arrivé il y a une semaine exactement à "Tuk", au nord-ouest du Canada, face à l'Océan Arctique, Charles Hedrich "était en attente de vents favorables", avait-il expliqué par téléphone à l'AFP.

C'est là, dans ce village inuit, aux confins du fleuve Mackenzie et de la mer de Beaufort, qu'il avait été contraint d'hiverner à la fin de l'été dernier, après deux mois et demi d'une aventure amorcée dans le petit village tcouktche de Wales, en Alaska (Etats-Unis), à l'entrée du détroit de Bering.

Arrivé au niveau du cap Bathurst, à l'entrée du Golfe d'Amundsen, le long des côtes canadiennes, après quelque 1.700 km à la rame en solo, il avait été contraint de rebrousser chemin pour hiverner à Tuktoyaktuk. La faute aux glaces, revenues très tôt, avec près d'un mois d'avance sur l'été 2012.

Revenu il y a une semaine au Canada, l'ex-homme d'affaires reconverti en aventurier multicartes avait retrouvé son "rameur des glaces", une embarcation de 6 m en kevlar/carbone, qu'il avait entreposée pour l'hiver dans le garage d'une famille inuite.

"J'ai préparé le bateau, j'ai dérouillé le fusil et j'ai acheté tous les vivres. Normalement, le départ est prévu dimanche à la première heure", avait précisé ce rameur aguerri de 56 ans, auteur en 2012 du premier aller aller-retour en solo sur l'Atlantique, exploit réalisé en 141 jours.

- Ours polaires sur la banquise -

Finalement, c'est avec 24 heures d'avance qu'il a donc repris son périple, à 09h52 locales samedi, soit 16h52 heure de Paris.

Depuis "Tuk", c'est donc cap à l'est, jusqu'à la mer de Baffin, entre Canada et Groenland, qu'il espère atteindre d'ici mi-septembre en se ravitaillant toutes les trois semaines dans les quelques villages inuits se trouvant sur son parcours.

Avec, entretemps, ce fameux Passage du Nord-Ouest, qu'il a déjà franchi à la voile en 2009. "Mais là, le bateau est tellement petit! L'an dernier, j'ai même été un moment soulevé par une baleine. Et je ne parle pas des morses, des orques, des bélugas. Ramer dans ces zones, c'est merveilleux".

Deux mois de périple donc, le long d'un parcours qui n'est pas sans risques: vents, courants, banquise et, inévitablement avec elle, les ours polaires, d'où son inséparable carabine Winchester de calibre 300.

"Autant quand je suis en mer en train de ramer il n'y a pas de danger, dès que je grimpe le bateau sur la banquise, là il faut faire attention. L'an dernier, j'en ai compté un moment 16 autour de moi", a-t-il raconté à l'AFP cette semaine, soulignant cependant ne jamais avoir dû faire feu.

- Amundsen, le pionnier -

Après avoir dû suspendre sa tentative l'an passé, Charles Hedrich veut aller au bout cette année. Jusqu'au Détroit de Davis et à la mer de Baffin, ce qui ferait de lui le premier à avoir relié Pacifique et Atlantique à la rame via ce Passage du Nord-Ouest.

En partant samedi matin, Charles Hedrich a croisé Anne Quéméré, la navigatrice quimpéroise partie depuis une semaine de ce même village de Tuktoyaktuk, mais contrainte momentanément à faire demi tour par les conditions météo. L'aventurière, célèbre pour ses transatlantiques à la rame en 2002 et 2004, veut elle aussi s'attaquer au Passage du Nord-Ouest, sur un kayak de 5 m de long. Différence de bateau donc, et de distance: son défi débute dans l'Arctique, et non depuis le Pacifique.

Le premier marin à avoir relié Pacifique et Atlantique via le Passage du Nord-Ouest est un certain Roald Amundsen. A bord du Gjoa, le Norvégien avait mis trois saisons, de 1903 à 1906, pour boucler son périple, entre les Détroits de Davis et de Bering.

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