DIVERTISSEMENT

Nawell Madani au Festival Juste pour rire : une détermination qui rapporte gros

12/07/2014 01:12 EDT | Actualisé 12/07/2014 01:14 EDT
Wahib Juste pour rire

Lorsqu’elle a décidé de quitter le foyer familial pour faire carrière dans la danse, Nawell Madani s’est butée à l’incompréhension de ses parents, qui se sont montrés complètement en désaccord avec son choix.

Déterminée, la jeune femme originaire de Watermael-Boitsfort, en Belgique, n’en a fait qu’à a sa tête. Et son obstination lui a bien rendu service jusqu’ici. Une formation à l’Académie internationale de danse, à 21 ans, lui a permis de se faufiler dans des clips de Diam’s, Monseigneur Mike et Factor X, et de devenir chorégraphe. Elle a ensuite suivi un cours en théâtre au Laboratoire de l’acteur, où sa professeure, Hélène Zidi-Chéruy, a décelé chez elle un potentiel comique et l’a redirigée vers le Jamel Comedy Club, l’émission de télévision qui a fait office de tremplin pour une multitude de jeunes humoristes français. En 2011, elle animait Shake ton booty sur les ondes de MTV et, en 2012, on lui confiait une chronique au Grand Journal de Canal Plus. La brunette a par ailleurs su surfer sur la vague des réseaux sociaux en publiant des vidéos humoristiques sur Instagram, qui lui ont attiré 70 000 abonnés et plus de 20 millions de visionnements sur YouTube.

Depuis six mois, Nawell a présenté son premier spectacle solo, C’est moi la plus belge, dans lequel elle mélange comédie, musique et danse hip-hop, en Suisse, en Belgique et en France, et ira lorgner du côté de New York prochainement. Or, avant, elle vient serrer la pince aux Québécois au Festival Juste pour rire, où elle se produit à la Salle Claude-Léveillée, dans le volet Les Trouvailles de Victor. Au total, elle a été danseuse pendant 15 ans et offre des prestations en solo depuis deux ans. Pour le futur, elle rêve d’explorer le jeu en anglais et ne ferme pas la porte à une éventuelle incursion au cinéma. Vous avez dit multidisciplinaire? Et tout ça, à 30 ans, à peine…

«Je pense que les parents rêvent toujours de voir leurs enfants devenir médecins ou avocats et pas troubadours, explique Nawell. Mais moi, j’ai toujours voulu être comédienne et danseuse. Je crois que mes parents avaient peur pour moi, peur de me voir quitter la Belgique et tout mon confort. Et la crainte est souvent exprimée par des interdits.»

S’exprimer sur scène

Ce sont d’ailleurs les divergences d’opinions avec les siens qui ont inspiré Nawell Madani dans la création de C’est moi la plus belge, une œuvre autobiographique.

«J’y parle de mes rêves. De mes déboires, de mes succès, de mes relations avec les hommes. C’est l’histoire d’une femme qui a toujours cherché sa place dans sa famille, dans le milieu dans lequel elle s’est embarquée, et qui finit par trouver son bien-être sur scène, avec son public. Ça n’a pas été facile pour moi, d’apprivoiser le milieu du stand-up, où il n’y a pas beaucoup de femmes.»

«Mais je suis littéralement tombée amoureuse de la scène, poursuit l’artiste. À partir du moment où je suis sur les planches, je me trouve à ma place, c’est mon exutoire. C’est là où je me sens le mieux, je m’exprime par le biais du corps, grâce à la danse, ou du verbal. J’associe les deux dans mon spectacle, pour que ce soit complet. Dans tout ce que je raconte, il y a un peu de caricature, un peu d’extrapolation, mais toujours sur une base de vérité et d’authenticité.»

Influences et découvertes

Les bonzes de Juste pour rire n’avaient applaudi qu’une fois C’est moi la plus belge que, déjà, ils savaient que Nawell Madani constituerait une découverte intéressante pour les spectateurs d’ici. Ils se sont déplacés à deux autres reprises à Paris pour constater l’évolution de la production, ce qui les a confortés encore davantage dans leur décision de l’inclure dans la programmation de leur 32e Festival. Au grand bonheur de la principale intéressée, qui ne demande pas mieux que de conquérir la planète entière. Elle n’était d’ailleurs encore jamais venue au Canada avant cette semaine.

«J’en suis à ma deuxième représentation [NRLR : l’entrevue avec Nawell a été réalisée jeudi] et j’ai reçu deux standing ovation, souligne-t-elle. Je ne m’attendais pas à un accueil aussi chaleureux. On m’avait avisée que le public canadien était averti au niveau de l’humour, mais je ne croyais pas qu’il y avait une chaleur et un partage aussi flagrants. Je passe de bons moments avec le public. Normalement, je devrais jouer une heure et, chaque soir, je joue plus d’une heure trente!»

Celle qui dit avoir été influencée par les styles du Français Élie Kakou et des Américains Kevin Hart et Louis C.K. espère bien se familiariser avec les talents québécois en allant voir un spectacle différent chaque soir pendant toute la durée du Festival Juste pour rire; elle en a la possibilité, puisqu’elle ne souhaite la bienvenue à son propre parterre qu’à 22h.

«J’aime beaucoup (Stéphane) Rousseau, mentionne-t-elle néanmoins. Il est polyvalent et il a une belle voix. Il n’a pas forcément un physique d’humoriste, et il a réussi à conquérir le public avec ses avantages. Je l’aime beaucoup!»

Nawell Madani propose C’est moi la plus belge jusqu’au 17 juillet, à la Salle Claude-Léveillée de la Place des Arts, dans le cadre du 32e Festival Juste pour rire. Visitez le hahaha.com pour plus d’informations.

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