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Mondial-2014 - Messi, un exilé resté argentin de la tête aux pieds

12/07/2014 10:08 EDT | Actualisé 11/09/2014 05:12 EDT

S'il conduit l'Albiceleste au titre mondial dimanche, Lionel Messi aura montré une bonne fois pour toute à son pays qu'il est argentin de la tête aux pieds, malgré son exil précoce en Espagne.

Dès son plus jeune âge, Messi a montré un talent exceptionnel pour le football sur les terrains de Rosario, sa ville natale située à 300 km au nord de Buenos Aires. Il y est vite repéré par les Newell's Old Boys, le club local, où il brille dans les catégories de jeune au sein de "La Maquina 1987", son année de naissance.

Sportif surdoué, le jeune Lionel, surnommé "la Pulga" (la puce), n'en est pas moins touché par une maladie de croissance qui l'oblige à suivre un traitement coûteux.

Mais au tournant des années 1990-2000, la famille est frappée par la terrible crise économique qui secoue l'Argentine. Son père Jorge, ouvrier métallurgiste, perd son emploi. Les quelques ménages effectués par la mère, Celia, suffisent à peine pour faire survivre les quatre enfants du couple mais pas pour payer les 1300 dollars mensuel du traitement de Leo.

Les Messi décident d'alors d'émigrer à Barcelone, où ils ont un cousin et où Lionel, qui a alors quatorze ans, pourra tenter de convaincre l'un de ses clubs favoris le Barça.

Banco! Les dirigeants "blaugrana", qui avaient déjà vu des vidéos de Messi avant qu'il débarque en Espagne, sont séduits par le potentiel extraordinaire de "la Pulga" et acceptent de financer son traitement. Ce sera le cas jusqu'à ce qu'il atteigne sa taille définitive d'1,69 m.

Malgré cette adolescence catalane, Messi n'a jamais perdu son accent caractéristique et "ses habitudes sont toujours restées complètement argentines", souligne une vieille amie, Cintia Arellano. Et même s'il a vécu plus longtemps à Barcelone qu'à Rosario, "il est tellement rosarien qu'on a parfois l'impression qu'il n'est jamais parti", dit Cintia Arellano. Son plat favori reste la "milanaise napolitaine", une escalope panée à la sauce tomate et à la mozzarella typique du Rio de la Plata.

- Preuves d'"argentinité" -

Lionel n'a jamais perdu le contact avec ses amis d'enfance, qu'il a connus du temps où il fréquentait l'école primaire du N.66 général Las Heras à Rosario.

Malgré toutes ces preuves d'"argentinité", un doute subsiste chez certains car Messi, jusqu'au Mondial-2014, a été bien plus brillant avec Barcelone qu'avec l'Albiceleste, où il ne bénéficie pas, il est vrai, du soutien des Xavi, Iniesta ou Busquets ni des conseils de Guardiola.

Deux amis d'enfance contactés par l'AFP, Walter Barrera et Diego Vallejos, espèrent que Messi s'installera dimanche pour toujours et sans réserve dans le coeur des Argentins. "Ce serait bien que l'Argentine voit qu'il a fait quelque chose de grand pour le pays auquel il n'a jamais cessé d'appartenir", dit Barrera.

"Dimanche, c'est l'occasion pour le pays de redevenir champion mais aussi pour Messi de faire quelque chose de vraiment énorme", estime un autre ami, Agustin Ruani, un ancien de la "Maquina 87" de Newell's Old Boys. "Ca le mettrait à la hauteur de Maradona, ou même plus haut, car si l'Argentine gagnait au Brésil ce serait vraiment immense, comme un autre Maracanazo".

Avec quatre autres copains d'enfance, il a réussi à se libérer pour faire une escapade au Brésil, dans l'espoir de voir jouer l'Albiceleste. Quand il l'a appris, Messi leur a fait remettre des billets pour assister au huitième de finale contre la Suisse (1-0).

Ruani, désormais employé par un autodrome, a continué à échanger des messages avec l'idole, même pendant le Mondial. "Il est tranquille mais en même temps conscient de vivre un moment crucial", dit-il.

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