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L'ONU presse les dirigeants irakiens de s'entendre pour éviter le «chaos»

12/07/2014 03:23 EDT | Actualisé 11/09/2014 05:12 EDT

BAGDAD - Les Nations unies ont appelé samedi les dirigeants irakiens à surmonter leurs profondes divisions et à agir rapidement pour former un nouveau gouvernement capable d'unir le pays et de confronter la menace que représentent les extrémistes sunnites, prévenant que leur éventuel échec risquait de «plonger le pays dans le chaos».

L'avancée fulgurante des insurgés sunnites en Irak en un mois a plongé le pays dans sa plus grave crise depuis l'invasion américaine, faisant exploser les tensions entre sunnites et chiites et laissant planer le spectre d'un pays divisé en trois selon des lignes ethniques et confessionnelles.

Le nouveau Parlement irakien doit tenir sa deuxième séance dimanche, durant laquelle les parlementaires devront s'entendre rapidement sur le choix d'un premier ministre, d'un président et d'un président du Parlement, les premières étapes en vue de la formation d'un gouvernement. Les élus n'ont fait aucun progrès lors de leur première séance et ont repoussé la deuxième à dimanche.

Le représentant spécial de l'ONU en Irak, Nikolaï Mladenov, a appelé les parlementaires à participer à la réunion et à parvenir à un accord sur les nouveaux dirigeants. Il a prévenu que des conséquences graves pourraient survenir si la paralysie politique actuelle se poursuivait, en soulignant qu'une telle situation ne servirait que les intérêts de ceux qui veulent diviser les Irakiens.

Le premier ministre Nouri al-Maliki, qui dirige le pays depuis 2006, fait face à de fortes pressions pour céder sa place. L'incapacité de son gouvernement à empêcher l'attaque des insurgés sunnites, et encore plus à freiner leur avancée, a sapé la confiance de la population et de la communauté internationale quant à sa capacité à maintenir l'unité irakienne et à sortir le pays de la crise.

Les opposants de M. Al-Maliki, et plusieurs de ses anciens alliés, l'accusent de monopoliser le pouvoir et de s'être mis à dos la minorité sunnite, et tentent de le convaincre de ne pas chercher à obtenir un troisième mandat consécutif. Il a jusqu'à maintenant refusé de retirer sa candidature et estime que le fait que son parti ait obtenu le plus de sièges aux élections d'avril lui donne la légitimité de continuer de gouverner.

Même si le Parlement profondément divisé a repoussé sa deuxième séance de cinq jours, il semble peu probable que les élus parviennent à une avancée majeure dans le choix des dirigeants dimanche, ce qui risque d'ouvrir la voie à d'autres disputes politiques dans les prochains jours, voire les prochaines semaines.

Les insurgés, qui tirent profit de la profonde insatisfaction de la minorité sunnite envers le gouvernement Al-Maliki, ont pris le contrôle de la plupart des régions sunnites du nord et de l'ouest de l'Irak. Les lignes de front se sont stabilisées depuis que leur offensive s'est butée à une plus forte résistance dans les régions chiites, mais les combats se poursuivent.

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