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Iran: manifestation contre les programmes télé contraires à la morale islamique

12/07/2014 12:51 EDT | Actualisé 11/09/2014 05:12 EDT

Plusieurs centaines de personnes ont manifesté samedi à Téhéran pour demander "la renaissance de la culture du voile et de la chasteté" à la télévision, dans le cadre d'une campagne contre les atteintes à la morale islamique.

Rassemblés dans un parc du nord de la capitale pour la "Journée annuelle du voile et de la chasteté", les manifestants ont dénoncé la présence de femmes "mal voilées" dans les feuilletons télévisés qui dépeignent trop souvent, selon eux, les femmes en tchador comme pauvres et incultes.

La radio-télévision iranienne (Irib) est un monopole d'Etat et son président est directement nommé par le guide suprême, l'ayatollah Ali Khamenei.

La loi islamique, en vigueur dans le pays depuis la révolution de 1979, oblige les femmes à porter des vêtements amples ainsi qu'un hijab, un voile couvrant les cheveux et le cou. Une unité policière de "moralité" est chargée de faire respecter la loi, et n'hésite pas à imposer des amendes ou même à arrêter celles qui bravent la loi. Une nouvelle campagne a débuté au début de l'été.

Mais de nombreuses femmes se sont mises ces dernières années à porter un voile léger, couvrant peu leur chevelure, des vêtements moulants ou encore des tuniques arrivant à mi-cuisse à la place du long manteau ou du tchador traditionnel.

"La loi doit être respectée pour que la chasteté de la société soit préservée", a déclaré à l'AFP Fatemeh Rahmani, le menton caché par son tchador.

"Les femmes qui sont arrêtées par la police de la moralité sont celles qui créent des problèmes et cette vague de mauvais hijab dans la société", a ajouté une autre manifestante, Zeynab Moeini.

D'autres rassemblements ont eu lieu dans plusieurs villes du pays, selon les médias iraniens.

Le mois dernier, 195 députés iraniens (sur 290) ont écrit au président Hassan Rohani pour lui demander de faire appliquer la loi sur le respect du code vestimentaire, dénonçant notamment "l'invasion culturelle" occidentale.

Le président Rohani, un modéré élu en juin 2013 après avoir fait campagne pour davantage de libertés culturelles et sociales dans la République islamique, avait demandé en octobre à la police de faire preuve de tolérance au sujet du voile.

Il a récemment affirmé qu'on ne pouvait pas "emmener les gens au paradis à coup de fouets", une déclaration qui a été très critiquée par les conservateurs, majoritaires au Parlement.

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