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GB: l'ancien archevêque de Cantorbéry en faveur du suicide assisté

12/07/2014 04:38 EDT | Actualisé 10/09/2014 05:12 EDT

L'ancien archevêque de Cantorbéry, leader spirituel des 80 millions d'Anglicans dans le monde, s'est prononcé samedi en faveur d'une légalisation du suicide médicalement assisté au moment où la chambre haute du Parlement doit débattre la question la semaine prochaine.

Archevêque de Cantorbéry entre 1991 et 2002, Lord Carey explique dans un article pour le Daily Mail qu'il a changé d'avis sur cette question face à la "réalité des souffrances inutiles" endurées par les personnes en fin de vie.

Il prend ainsi le contrepied de l'actuel chef de l'Eglise anglicane, Justin Welby, qui a qualifié d'"erroné et dangereux" le projet de loi qui doit être débattu par les Lords vendredi prochain.

Le projet prévoit de légaliser en Angleterre et au Pays de Galles le suicide médicalement assisté pour les adultes à qui il reste moins de six mois à vivre, après l'avis favorable de deux médecins.

A ce jour, seuls quelques rares pays comme la Belgique, la Suisse, les Pays-Bas et le Luxembourg, ainsi que certaines Etats américains, autorisent l'aide au suicide.

Contrairement à l'euthanasie, le suicide médicalement assisté signifie que le patient accomplit lui-même l'acte provoquant sa mort.

En Grande-Bretagne, un précédent projet de loi avait été revisé en 2006 à cause notamment de l'opposition de l'Eglise d'Angleterre, dont celle de Lord Carey.

Mais, à 78 ans, celui-ci estime désormais que s'opposer à cette réforme revenait à "promouvoir l'agonie et la douleur".

"De fait, j'ai changé d'avis. Les certitudes philosophiques passées se sont écroulées face à la réalité de souffrances inutiles", a souligné Lord Carey.

"Les progrès rapides de la médecine", qui permettent aujourd'hui de garder en vie pendant de longues années des patients gravement malades, constituent un "tournant éthique" selon l'ancien chef de l'Eglise anglicane.

"Nous sommes aujourd'hui face à un paradoxe. En respectant strictement le caractère sacré de la vie, l'Eglise risque aussi de promouvoir l'agonie et la douleur, soit l'exact opposé du message chrétien d'espoir", a-t-il ajouté.

Le suicide assisté est passible en Grande-Bretagne d'une peine allant jusqu'à quatorze ans de prison. Mais de nouvelles directives émises il y a quatre ans par l'autorité judiciaire incitent à la clémence lorsque l'acte est effectué par "compassion".

jk/jh

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