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Tour de France - Les Vosges, la belle inconnue du Tour 2014

11/07/2014 10:12 EDT | Actualisé 10/09/2014 05:12 EDT

Le Tour de France entre samedi dans les Vosges, un massif peu parcouru par la Grande Boucle dont le relief méconnu offre pourtant de nombreuses opportunités d'attaques pour enflammer l'édition 2014.

Ces dernières années, le Tour y a fait des incursions ponctuelles lors d'étapes à Colmar en 2001 (victoire de Laurent Jalabert) et 2009 (Heinrich Haussler), à Gérardmer (Pieter Weening) et Mulhouse (Michael Rasmussen) en 2005, à la Planche des Belles-Filles en 2012 (Chris Froome).

Cette année, pas moins de trois étapes arpenteront ses routes sinueuses au milieu de pins, avec une arrivée au sommet de la raide Planche des Belles-Filles lundi.

"On veut du spectacle, les Vosges c'est le meilleur massif pour en proposer", estime Thibaut Pinot, le natif de Mélisey en Haute-Saône qui, en voisin, en a fait son "terrain de jeu favori".

"Il y a vraiment trois étapes différentes, trois belles étapes: une de puncheur, une de baroudeur-grimpeur et une de grimpeur. Ca va être la première vraie sélection", annonce le grimpeur de la FDJ.fr.

Longtemps délaissées en raison notamment de leur position excentrée, les Vosges constituent cette année un véritable "troisième massif", dans la lignée de la volonté affichée depuis plusieurs années par le directeur du Tour, Christian Prudhomme, de réhabiliter les massifs dits de moyenne montagne.

- "Il peut y avoir de gros écarts" -

"Ce sont des cols moins mythiques que les Alpes ou les Pyrénées mais ils peuvent faire tout autant de dégâts", prévient le double vainqueur du Tour (1975, 1977) Bernard Thévenet, qui s'était imposé en 1972 en haut du Ballon d'Alsace.

"Dans les Alpes et les Pyrénées, les cols font peur et les coureurs hésitent à s'engager de loin. La course se fait souvent dans le dernier col. Là, certains coureurs auront peut-être plus d'ambitions."

Avant de se jeter dans l'inconnu, la plupart des leaders et des prétendants au Top 10 ont donc pris soin de bien reconnaître le Markstein et le Grand Ballon (9e étape), le Petit Ballon, le Platzerwazel ou le raide col des Chevrères, un des quatre cols de première catégorie qui jalonneront la 10e étape. Placé avant l'ascension finale de la Planche des Belles-Filles, ses pentes, d'une moyenne de 9,5%, atteignent jusqu'à 18%.

"Je trouve que c'est plus difficile que les Alpes, confie le grimpeur de l'équipe AG2R La Mondiale, Romain Bardet. Il peut y avoir de gros, gros écarts. Sur l'étape de la Planche des Belles-Filles, si la course se fait dès le départ, les écarts vont se compter en dizaines de minutes. Avec l'abandon de Chris Froome, la course va être plus débridée et il y a vraiment le terrain propice aux offensives de loin. Si un leader se trouve esseulé, il peut rapidement perdre du temps".

Alberto Contador tentera peut-être de tester le maillot jaune de Vincenzo Nibali et les outsiders essaieront sans doute de refaire un peu du retard accumulé durant la première semaine, à l'image des Français Pierre Rolland et Thibault Pinot. "En plus, lundi ce sera le 14 juillet, il y a tous les ingrédients, sourit Pinot. Si je gagne là-bas, j'arrête ma carrière !"

"Tout semble réuni pour des étapes enlevées qui pimenteront la suite du Tour. Ce qui conforterait les organisateurs dans leur intention de revenir pour en explorer de nouveaux recoins comme le Lac-Blanc, près de la crête des Vosges.

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