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Tour de France - 7e étape: un boyau fatal à Sagan

11/07/2014 11:43 EDT | Actualisé 10/09/2014 05:12 EDT

Un boyau d'écart a privé le Slovaque Peter Sagan de la victoire dans la 7e étape du Tour de France qui a souri, vendredi à Nancy, à l'Italien Matteo Trentin.

Le final, très animé, a épargné le maillot jaune de l'Italien Vincenzo Nibali. Mais il a coûté cher, à cause des chutes, aux chefs de file de la nouvelle vague du cyclisme américain, tous deux âgés de 25 ans. Tejay Van Garderen a lâché près d'une minute et Andrew Talansky s'est retrouvé à terre dans le sprint.

Abonné aux places d'honneur, Sagan s'est classé au plus mal cinquième depuis le départ de Leeds. Il faut remonter à... 1930 et au dandy de l'époque, Charles Pélissier, pour trouver trace d'une pareille régularité dans les sept premières étapes du Tour. Mais le Slovaque a raté le coche à Nancy.

"Les gens se plaignent que je gagne facilement quand c'est le cas et maintenant on trouve étrange que je ne gagne pas. La réalité, c'est que ce n'est pas facile", a déclaré le maillot vert du Tour.

A moins de 6 kilomètres de l'arrivée, Sagan a riposté à l'attaque dans la dernière côte du Belge Greg Van Avermaet. Mais le duo a été repris à l'approche de la flamme rouge par le premier groupe de poursuite.

Tel un diable vert, le Slovaque a trouvé les ressources pour disputer le sprint sans parvenir à remonter complètement Trentin. La photo-finish a été nécessaire pour les départager.

- Séquence émotion à Douaumont -

"Je n'ai jamais cru que j'étais passé devant, je voyais très bien que c'était serré", a dit Sagan. "Je pensais que c'était peut-être lui qui avait gagné", a reconnu son vainqueur.

Un an après des débuts victorieux (à Lyon), Trentin a décroché, à 24 ans, son deuxième succès dans le Tour. Le premier pour la formation Omega Pharma, privée depuis la première étape de son chef de file, le Britannique Mark Cavendish, mais combative dès les jours suivants.

"Dès qu'on a perdu Mark, on a changé notre fusil d'épaule, tout le monde a dit +on continue, on va se battre+. On voit le résultat", a triomphé Patrick Lefevere, le patron du groupe belge.

Sagan , coude et genou gauche bandés après ses chutes des jours précédents, n'a pu que baisser la tête, d'autant que son équipe Cannondale a été largement mise à contribution tout au long de la journée.

Car le peloton est fatigué, usé par les sept premières journées, le stress et les blessures liées aux chutes. A l'exemple du champion de France Arnaud Démare, en mode survie jusqu'à la journée de repos mardi prochain.

Avant de rejoindre les premiers cols vosgiens, le Tour s'est offert en tout cas une longue (234,5 km) traversée de la Champagne et de la Lorraine pour rejoindre Nancy. Émouvante aussi, quand la course est passée devant l'ossuaire de Douaumont, témoignage de la tragédie de la Grande guerre. "Devoir de mémoire", a tweeté le Français Jérémy Roy après l'arrivée.

- D'abord survivre -

Le peloton mené par les hommes de Sagan a contrôlé l'échappée de six coureurs (Elmiger, Huzarski, Delaplace, Edet, Pichot, Busche) qui a eu à peine plus de 4 minutes pour avantage-plafond. Au seuil des 20 derniers kilomètres, tout était rentré dans l'ordre. Mais c'était sans compter sur les chutes qui rythment la première séquence du Tour.

Van Garderen, l'une des victimes du jour, s'est retrouvé à terre à 16 kilomètres de l'arrivée après avoir touché la roue d'un coéquipier. Il a pu repartir, au contraire de son coéquipier colombien Darwin Atapuma (fracture du fémur).

Dans le dernier virage, où Christophe Mengin avait perdu ses dernières illusions de victoire dans une terrible glissade en 2005, le jeu de quilles a projeté sur la chaussée plusieurs coureurs. Dans les 300 derniers mètres, c'est Talansky, présent -inexplicablement pour un candidat au classement général- dans le sprint final qui a lourdement chuté.

Les équipes des deux Américains ont donné par la suite des nouvelles rassurantes. Dans le Tour, il faut d'abord survivre. A condition de ne pas être trop sévèrement blessé, ce qui était le cas de Chris Froome.

Deux jours après son abandon, le vainqueur 2013 a annoncé qu'il souffrait de fractures au poignet gauche et à la main droite. Ce Tour est décidément impitoyable.

jm/bvo

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