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Suisse: enquête sur des gardes-frontières après la mort du bébé d'une réfugiée syrienne

11/07/2014 11:53 EDT | Actualisé 10/09/2014 05:12 EDT

Le corps des gardes-frontières suisses a décidé vendredi de confier à la justice militaire, pour enquête, le cas d'une réfugiée syrienne victime d'une fausse couche après avoir été refoulée de France en Italie via le territoire suisse.

Le 4 juillet un groupe de 36 réfugiés a été reconduit de Vallorbe, dans le Jura suisse, à Domodossola en Italie après avoir été remis aux gardes-frontières suisses par les autorités françaises, précise le communiqué de l'unité.

Il précise que les premiers résultats d'une enquête interne "montrent qu'une faute ne peut pas être exclue", ce qui a conduit "devant la gravité des reproches" à transmettre le cas à la justice militaire pour enquête.

La démarche vise "à faire examiner par un service extérieur les reproches faits à des collaborateurs" des gardes-frontières, indique un communiqué de l'unité.

Le médecin italien qui a traité à son arrivée cette femme enceinte de sept mois a déclaré à la télévision suisse SRF que "si cette femme avait reçu de l'aide en Suisse, ce malheur aurait pu être évité".

La famille a accusé, dans les presses suisse et italienne, les officiers qui les escortaient d'avoir refusé toute aide médicale.

"A la gare de Brigue (dans le canton du Valais) nous avons été enfermés dans une cellule. Ma femme continuait à saigner; elle perdait les eaux, nous appelions à l'aide mais rien, même pas une infirmière", a déclaré son époux, non identifié, à la télévision suisse.

"Taisez-vous, ne nous cassez pas les pieds" auraient dit des officiers, selon ses affirmations.

Il dit avoir dû porter sa femme jusqu'au train après s'être vu refusé un fauteuil roulant pour la transporter. Son autre enfant de deux ans avait 40 de fièvre et souffrait de diarrhée et de vomissements quand il a été hospitalisé en Italie.

"Je pensais que la Suisse était un pays civilisé, nous fuyons la mort et la guerre, nous cherchions juste de l'hospitalité. Mais mes droits ont été piétinés, tout comme ceux de ma femme et de cette petite fille qui n'a jamais pu naître", a déclaré ce réfugié.

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