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Rubygate : l'avocat général requiert sept ans de prison en appel contre Berlusconi

11/07/2014 11:42 EDT | Actualisé 10/09/2014 05:12 EDT

Sept ans de prison ont été requis vendredi à Milan contre Silvio Berlusconi, au cours du procès en appel du Rubygate dans lequel l'ancien président du Conseil est accusé de prostitution de mineure et d'abus de pouvoir.

En l'absence de l'ex-Cavaliere, l'avocat général de la cour d'appel de Milan, Piero de Petris, a requis la confirmation de la peine déjà prononcée en première instance, estimant qu'elle était "sévère" mais "incontestable".

L'arrêt de la cour doit tomber le 18 juillet.

Comme presque tous les vendredis depuis le 9 mai, M. Berlusconi a passé la matinée à Cesano Boscone, près de Milan, dans un centre pour personnes atteintes de la maladie d'Alzheimer pour purger sous forme de travail d'intérêt général (TIG) une peine d'un an de prison pour fraude fiscale (procès Mediaset).

Sans immunité parlementaire et en déclin politique depuis son exclusion du Sénat à l'automne 2013, il est défendu en appel par les avocats Franco Coppi et Filippo Dinacci. Ils remplacent ses avocats historiques Niccolo Ghedini et Piero Longo, objets d'une enquête du parquet qui les soupçonne d'avoir corrompu les témoins du procès en première instance.

Le Rubygate première mouture s'était terminé par une condamnation en juin 2013 à sept ans de prison pour M. Berlusconi, 77 ans, et une interdiction à vie de mandat public.

Malgré ses démentis, il a été reconnu coupable d'avoir payé pour des rapports intimes avec "Ruby la voleuse de coeurs", la Marocaine Karima El-Mahgroub, quand elle était mineure, et pour avoir fait pression sur la préfecture de Milan afin qu'elle soit relâchée après un larcin, en affirmant qu'elle était la petite-fille de l'ancien président égyptien Hosni Moubarak renversé en 2011.

En cas de confirmation de sa culpabilité, Silvio Berlusconi se pourvoira certainement en cassation, une procédure qui prendra plusieurs mois.

Si en fin de course, les sept ans de condamnation étaient maintenus, l'ex-Premier ministre perdrait le bénéfice des TIG et d'une amnistie de trois ans dans le procès Mediaset, ce qui l'amènerait à devoir purger 11 ans de prison, vraisemblablement sous forme d'assignation à domicile.

En première instance, le Rubygate avait donné lieu à un défilé de jeunes femmes qui avaient raconté les fêtes dans la villa du milliardaire à Arcore, près de Milan.

Elles avaient décrit des dîners élégants, en contradiction avec ce qui ressortait des écoutes de leurs téléphones portables et d'autres témoignages évoquant des fêtes obscènes ponctuées de déguisements salaces, de scènes de lapdance et striptease, et de passages dans la chambre à coucher de M. Berlusconi.

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