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Poutine à Cuba, première étape d'une tournée sud-américaine destinée à obtenir des soutiens

11/07/2014 12:25 EDT | Actualisé 10/09/2014 05:12 EDT

Le président russe Vladimir Poutine a entamé vendredi à Cuba une tournée latino-américaine qui doit ensuite le conduire en Argentine et au Brésil, à la recherche de soutiens dans sa confrontation avec l'Occident sur l'Ukraine.

Après avoir scellé la normalisation des relations entre Moscou et La Havane, avec l'annulation de 90% de l'énorme dette de Cuba envers l'ex-URSS, le président russe conclura son déplacement par un sommet des Brics (Brésil, Russie, Inde, Chine, Afrique du Sud) les 15 et 16 juillet au Brésil.

Un exercice diplomatique ambitieux et difficile pour l'homme fort du Kremlin sur un continent traditionnellement chasse-gardée de Washington qui menace Moscou de nouvelles sanctions en raison de son soutien aux séparatistes ukrainiens.

Avant son départ, Vladimir Poutine a souligné dans un entretien avec l'agence cubaine d'information Prensa Latina la volonté de la Russie de "créer des alliances pleines" avec l'Amérique latine et dénoncé "l'hypocrisie" de la politique de surveillance électronique des Etats-Unis, sujet sensible en Amérique latine.

Le président russe a choisi de commencer sa tournée latino-américaine par Cuba, pour marquer la normalisation des relations de Moscou avec un pays que les Etats-Unis s'efforcent d'isoler depuis plus d'un demi-siècle, mais qui jouit désormais d'un fort soutien diplomatique du continent latino-américain.

Cette normalisation est passée par l'annulation de 90% de la dette de 31 milliards de dollars que Cuba avait contractée auprès de Moscou à l'époque de son alignement sur l'ex-URSS.

Et le solde de la dette (environ 3,5 milliards de dollars) doit être remboursé sur 10 ans et placé sur des comptes spéciaux afin d'être réinvesti par la Russie à Cuba.

- Rencontre avec Merkel ? -

Avec Cuba, Moscou étudie de "grands projets dans les domaines de l'industrie et de la haute technologie, de l'énergie, de l'aviation civile, de la médecine et de la biopharmacie", a assuré Vladimir Poutine à Prensa Latina.

Le président russe a été reçu à son arrivée à La Havane par le numéro deux du régime communiste cubain, Miguel Diaz-Canel. Après quelques exercices protocolaires, il devait rencontrer le président Raul Castro et divers responsables du gouvernement cubain afin de conclure quelques accords économiques.

Parmi ceux-ci, selon les médias russes et cubains, devrait figurer un accord entre les groupes pétroliers russes Rosneft et Zaroubejneft et le monopole pétrolier cubain Cupet pour développer la prospection et l'exploitation pétrolières dans le golfe du Mexique.

La coopération avec Cuba revêt un caractère "stratégique" et est orientée "vers le long terme", a souligné Vladimir Poutine dans son entretien avec Prensa Latina.

Une rencontre était également prévue avec le père de la Révolution cubaine Fidel Castro, qui aura 88 ans le 13 août.

Depuis qu'il a cédé le pouvoir à son frère Raul en 2006 pour des raisons de santé, Fidel Castro se consacre à l'écriture et ne reçoit plus qu'à titre exceptionnel des dignitaires étrangers. Ses apparitions publiques sont de plus en plus rares.

La Russie est actuellement le neuvième partenaire commercial de Cuba, loin derrière le Venezuela, la Chine et l'Espagne, qui occupent les trois premières places.

La Havane s'est doté en juin d'une nouvelle loi sur les investissements étrangers afin d'attirer des capitaux qui font cruellement défaut à un système économique hérité de l'époque soviétique.

Malgré des ouvertures à l'économie de marché, le décollage économique se fait attendre. Les autorités cubaines ont reconnu la semaine dernière une croissance en ralentissement et révisé à 1,4% contre 2,2% leur objectif de hausse du PIB pour 2014.

A l'issue de sa visite de quelques heures à La Havane, le président Poutine doit être en Argentine samedi, puis assister dimanche au Brésil à la finale du Mondial de football entre l'Allemagne et l'Argentine, avec à la clé une possible rencontre avec la chancelière allemande Angela Merkel pour aborder le problème ukrainien.

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