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Ouganda: l'armée dit avoir rétabli l'ordre après les affrontements sanglants

11/07/2014 12:00 EDT | Actualisé 10/09/2014 05:12 EDT

L'armée ougandaise a annoncé vendredi avoir rétabli l'ordre dans une zone montagneuse de l'ouest du pays où une centaine de personnes ont été tuées dans un conflit tribal début juillet.

Le porte-parole de l'armée ougandaise Paddy Ankunda a déclaré à l'AFP que des forces alpines lourdement armées ont été déployées dans cette zone et ratissent les montagnes de Rwenzori, qui abritent le troisième plus grand parc africain, sur les traces des assaillants qui ne se sont pas rendus.

"Toute la zone de Rwenzori a été pacifiée. C'est calme mais la brigade alpine est aux trousses des assaillants qui ne se sont pas rendus", a déclaré le porte-parole, ajoutant que plusieurs armes dérobées à la police avaient été retrouvées.

"Les gens doivent savoir maintenant que la paix est revenue dans cette zone et que les forces de sécurité sont là pour garantir la sécurité", a-t-il déclaré.

Les assaillants, munis de machettes, de lances et d'armes à feu, ont lancé une série d'attaques samedi et dimanche derniers contre leurs rivaux, obligeant l'armée à intervenir et à déployer des renforts dans ces régions rurales reculées, près des montagnes de Rwenzori qui sont à cheval entre l'Ouganda et la République démocratique du Congo (RDC).

Cinq soldats, cinq policiers et 11 civils ont également été tués, portant à 96 le nombre de morts --pour la plupart des assaillants qui ont tenté de détruire des postes de police et de l'armée.

Selon la police, il s'agit au départ de violences interethniques déclenchées par la communauté majoritaire, les Bakonzo, contre la minorité basongora en raison notamment de différends de longue date "liés à la terre", a affirmé à l'AFP le porte-parole de la police, Fred Enanga.

"Il y a un conflit tribal. Certains chez les Bakonzo ne veulent pas que les groupes minoritaires soient reconnus comme des royaumes à l'intérieur de ce qu'ils considèrent comme le royaume plus vaste de Rwenzori, dont les Bakonzo sont la tribu dominante", a-t-il ajouté.

Les forces de sécurité ont arrêté plus de 80 suspects qui, selon M. Enanga, sont passibles de la peine de mort ou de la prison à vie s'ils sont reconnus coupables de trahison.

L'armée comme la police ont affirmé que ces violences n'étaient pas liées à un groupe rebelle comme les Forces démocratiques alliées (ADF), une rébellion islamiste ougandaise active dans la zone frontalière.

L'ADF aurait des liens avec les islamistes somaliens shebab, affiliés à Al-Qaïda, qui ont déjà mené des attaques en territoire ougandais en représailles contre la participation de Kampala à la force de l'Union africaine en Somalie (Amisom) qui combat les shebab en Somalie depuis 2007.

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