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Le secteur canadien du vêtement pour femmes s'attend à vivre une année difficile

11/07/2014 07:17 EDT | Actualisé 10/09/2014 05:12 EDT

MONTRÉAL - Les détaillants canadiens de vêtements pour femmes s'attendent à vivre une année difficile, alors que l'arrivée de nouvelles marques internationales sur le marché fait naître la possibilité que les entreprises de mode du pays, auparavant stables, se dirigent tout droit vers des problèmes financiers.

Un printemps difficile a contraint les détaillants à vendre leurs stocks à prix réduits dans l'espoir de sauver l'année, a affirmé Randy Harris, président de Trendex NA, spécialiste du secteur canadien du vêtement.

«Ils paniquent parce qu'ils entreprennent la saison estivale avec un stock excédentaire (...) alors ils se sont engagés dans une sauvage concurrence de prix dans l'espoir de faire sortir la marchandise de leurs magasins», a indiqué M. Harris en entrevue.

Reitmans (TSX:RET.A) a amorcé l'année avec l'un des trimestres les plus difficiles de son histoire, tandis que Le Château (TSX:CTU.A), Bikini Village (TSX:GBV) et Cuir Danier (TSX:DL) enregistraient des baisses de revenus et des ventes dans les magasins ouverts depuis au moins un an.

Même certains détaillants étrangers ont été touchés, bien que ceux de vêtements pour hommes se soient mieux tirés d'affaire.

La situation s'explique par le nombre croissant d'entreprises américaines qui ont graduellement établi leur présence au pays. Target et Marshall's figurent parmi les nouveaux venus les plus importants, mais d'autres grandes marques étrangères, incluant H&M et Banana Republic, ont accru leur part de marché en diminuant leurs prix, a fait remarquer Terry Henderson, de J.C. Williams Group.

L'impact sur le chiffre d'affaires est manifeste. Les ventes de vêtements ont diminué de 0,2 pour cent au cours des quatre premiers mois de l'année, tandis que celles de vêtements pour femmes ont chuté de deux pour cent, selon un sondage mené par Statistique Canada auprès des grands détaillants.

M. Harris ne croit pas que les entreprises de mode canadiennes seront en mesure d'éponger leurs pertes d'ici à la fin de l'année, commencée «avec un pied dans la tombe».

De nombreuses sociétés canadiennes voient leur part de marché diminuer car elles ne parviennent pas à se distinguer du groupe croissant des populaires marques américaines et étrangères, qui mettent de plus en plus la main sur les dollars des passionnés de mode.

Le marché du vêtement à bas prix n'est pas le seul à souffrir. Les détaillants de vêtements à prix médian comme Ann Taylor, Loft et J. Crew se sont également installés au Canada après s'être fait une réputation enviable auprès des consommateurs qui traversent la frontière.

Des chaînes de magasins de produits haut de gamme telles que Nordstrom et Saks projettent également d'ouvrir leurs premiers établissements canadiens afin de faire concurrence à Holt Renfrew.

Entre-temps, le détaillant canadien de vêtements pour femmes Jacob a fait faillite en mai, et il fermera ses 92 magasins à travers le pays.

M. Harris a prédit qu'au moins trois ou quatre autres détaillants de la taille de Jacob subiraient le même sort après la saison des achats de fin d'année.

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