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Le recteur d'une mosquée de la région parisienne poursuivi pour détournement de fonds

11/07/2014 03:57 EDT | Actualisé 10/09/2014 05:12 EDT

La justice a requis vendredi deux ans de prison, dont six mois ferme, à l'encontre de Mohamed Boudjedi, le recteur de la mosquée de Nanterre, près de Paris, soupçonné d'avoir détourné des centaines de milliers d'euros destinés à la construction d'un nouveau lieu de culte.

Huit autres personnes sont poursuivies : trois responsables de la société chargée des travaux, certains de leurs proches et le président de la coordination islamique des Hauts-de Seine (département de la région parisienne), maître d'oeuvre du chantier. Le parquet a requis des peines allant de quatre mois avec sursis à trois ans de réclusion à leur encontre.

Les prévenus sont accusés d'avoir détourné une partie de l'argent versé par les fidèles et par un établissement public à l'Association islamique des religieux de Nanterre.

Mohamed Boudjedi, président de l'association, a détourné au total 530.000 euros, selon le ministère public. Une partie de cette somme s'était évanouie sur un compte offshore à Chypre.

Le recteur "a abusé de la confiance des fidèles, un abus d'autant plus critiquable que ce nouveau lieu de culte était très attendu" par la communauté musulmane, a relevé le parquet.

"C'est en toute bonne foi que mon client a agi. Il était animé par le seul souci que cette mosquée se termine", a assuré son avocate, Leila Houmel.

Mohamed Boudjedi a déjà été condamné en 2012 à 18 mois de prison dont six ferme pour abus de confiance après avoir détourné plus de 20.000 euros de dons de fidèles.

"Je vis de l'argent des fidèles. Cela me sert pour la mosquée, pour moi, mes enfants", a déclaré le prévenu au moment de son audition, déclenchant le courroux de la présidente de la 15e chambre du tribunal de Nanterre, Isabelle Prévost-Desprez.

"Une association n'est pas destinée à payer la famille", lui a rétorqué la magistrate, s'interrogeant sur l'origine des nombreuses voitures du recteur, notamment une Jaguar, une Mercedes et une BMW.

"La Jaguar, un cadeau d'un fidèle. De toute façon, ce sont de vieilles voitures", a réagi Mohamed Boudjedi.

Le tribunal rendra sa décision le 2 octobre.

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