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La maire de Paris à Rajoy sur l'avortement : "Il faut avancer, pas de régression"

11/07/2014 08:55 EDT | Actualisé 10/09/2014 05:12 EDT

La maire socialiste de Paris Anne Hidalgo a répété vendredi à Madrid son opposition à toute "régression" du droit à l'avortement et au projet de loi du gouvernement conservateur espagnol de Mariano Rajoy qui le supprime.

"Il faut avancer, pas de régression", a-t-elle déclaré à l'AFP au cours de sa visite dans son pays de naissance où elle était reçue par Mariano Rajoy puis par le nouveau roi d'Espagne Felipe VI.

"Le droit des femmes à disposer de leur corps est un droit fondamental", a-t-elle ajouté, précisant qu'elle le dirait à Mariano Rajoy, peu avant sa rencontre avec lui.

"Je lui ferai part directement de ce que me disent les femmes françaises et ce que je pense sur le sujet", a-t-elle ajouté.

Anne Hidalgo, née en Andalousie (sud) de parents républicains qui ont fui la misère et le franquisme, a signé la charte "pour une Europe des Droits des femmes" lancée par la ministre française du Droit des Femmes et signée par plusieurs responsables européennes et lauréates du Prix Nobel de la Paix.

"Nous refusons tous les reculs. Nous rejetons catégoriquement les tentatives de remise en cause ou de limitation des droits fondamentaux des femmes, de leur autonomie ou de leur liberté, au nom de quelque motif que ce soit", affirme le texte.

Le gouvernement socialiste français est l'un de ceux qui a le plus violemment critiqué le projet de loi sur l'avortement, sa ministre des Affaires sociales, Marisol Touraine, dénonçant une loi qui "renverrait les femmes à l'âge de pierre".

Ce projet de loi supprime la législation de 2010, votée sous l'ancien gouvernement socialiste, qui autorisait l'avortement jusqu'à 14 semaines de grossesse pour toutes les femmes sans justification et jusqu'à 22 semaines en cas de malformation du foetus ou de grave danger physique ou psychique pour la mère.

Adopté le 20 décembre en Conseil des ministres, ce texte, qui n'a pas encore été débattu au Parlement, n'autorise l'avortement qu'en cas de danger prouvé pour la vie ou la santé physique ou psychologique de la femme, ou après un viol ayant fait l'objet d'une plainte préalable, y compris en cas de malformation du foetus.

Pendant sa visite, Anne Hidalgo a également rencontré son homologue de Madrid, Ana Botella, épouse de l'ex-chef du gouvernement conservateur Jose Maria Aznar, et le chef du parti socialiste espagnol, Alfredo Perez Rubalcaba.

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