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Japon: avis de risque de tsunami après un fort séisme près de Fukushima

11/07/2014 03:42 EDT | Actualisé 10/09/2014 05:12 EDT
HuffPost Japan

Un avis de risque de tsunami a été émis dans la nuit de vendredi à samedi dans le nord-est du Japon par l'agence de météorologie nippone après un violent séisme au large de la centrale nucléaire accidentée de Fukushima.

Une forte secousse de magnitude 6,8 s'est produite samedi vers 04H20 locales (vendredi 19H20 GMT) en face des côtes de Fukushima à une profondeur de 10 km, a précisé l'agence sur son site internet.

Un raz-de-marée d'une hauteur d'un mètre ou plus devrait toucher les côtes de Fukushima ainsi que de préfectures voisines d'Iwate et Miyagi, les mêmes que celles touchées le 11 mars 2011, selon la même source.

Une première montée des eaux de 20 cm a été mesurée moins d'une heure après le séisme à Ishinomaki, la ville côtière la plus meurtrie il y a trois ans et demi.

Un conseil d'évacuation a immédiatement été donné aux habitants de localités de la préfecture d'Iwate plus au nord, mais aucun blessé ni dégât important n'a été rapporté dans l'immédiat.

L'alarme des téléphones portables de journalistes de l'AFP avait retenti une trentaine de secondes avant le tremblement de terre pour prévenir de sa probable survenue, grâce à un système de détection précoce et d'informations de l'agence de météorologie.

Peu après, l'information était confirmée par l'agence météo et immédiatement apparaissaient les premiers témoignages sur Twitter, dont celui d'un travailleur de Fukushima qui a écrit "incroyable séisme".

Une conférence de presse doit avoir lieu rapidement pour donner plus de détails sur le danger encouru et les précautions à prendre.

Quelques minutes après le séisme, la compagnie gérant les deux centrales nucléaires de Fukushima, Fukushima Daiichi et Daini, a indiqué qu'"aucune anomalie nouvelle n'(avait) pour l'heure été rapportée dans les installations".

Les opérateurs d'autres sites atomiques voisins, également à l'arrêt, ont donné le même type d'information.

La chaîne de télévision publique NHK a immédiatement interrompu ses programmes pour transmettre les informations, comme le veut sa mission d'intérêt général.

"N'approchez surtout pas des côtes, n'allez pas voir comment est le niveau de la mer", répétait sans arrêt le présentateur tandis qu'était en permanence affichée en bas de l'écran la carte du Japon, sur laquelle où la côte menacée par une brusque montée des eaux clignotait en jaune.

L'opérateur de la centrale de Fukushima a aussi demandé aux travailleurs du site de ne pas rester à proximité de l'océan Pacifique voisin du complexe atomique, selon la NHK.

- Séisme et tsunami, le scénario redouté -

Cette mise en garde frappe une partie de la région dévastée par le gigantesque tsunami du 11 mars 2011 qui avait fait directement plus de 18.000 morts.

Le tremblement de terre de samedi survient en outre alors que l'autorité de régulation nucléaire a justement souhaité cette semaine que la compagnie Tokyo Electric Power (Tepco) prenne des mesures supplémentaires dans la centrale accidentée Fukushima Daiichi face au risque permanent de nouvelle catastrophe.

De son côté, Tepco a affirmé depuis des mois déjà que les installations étaient capables de résister à un fort séisme et que des dispositions avaient été prise face au risque de tsunami.

Toutefois, tout le monde se demande ce qu'il adviendrait de l'eau ultra-contaminée dont regorgent les sous-sols du site si la mer arrivait jusque-là. La même question se pose pour le millier de réservoirs qui stockent des centaines de milliers de mètres cubes d'eau radioactive. Sans compter les tuyauteries, les câbles et autres équipements qui jonchent le terrain autour des bâtiments des réacteurs.

Ce séisme intervient en outre après que le Japon a été victime cette semaine d'un puissant typhon et d'intempéries qui ont fait 7 morts et plus de 60 blessés, endommageant ou détruisant des centaines de maisons et fragilisant de nombreuses zones désormais menacées de glissements de terrains.

Cette série d'événements imparables rappelle que l'archipel nippon est à la merci de tous les grands types de catastrophes naturelles.

Il subit chaque année 20% des séismes les plus violents enregistrés sur Terre.

kap/ih