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Israël et le Hamas s'installent dans la guerre, Washington propose sa médiation

11/07/2014 05:09 EDT | Actualisé 09/09/2014 05:12 EDT
MOHAMMED ABED via Getty Images
A Palestinian man reacts following an Israeli air strike in Gaza City on July 11, 2014. Israeli warplanes kept up deadly raids on Gaza but failed to stop Palestinian militants firing rockets across the border, as the United States offered to help negotiate a truce (Photo credit should read MOHAMMED ABED/AFP/Getty Images)

Israël et le Hamas s'installaient vendredi dans la guerre, alors que se poursuivent les bombardements israéliens sur Gaza et les tirs de roquettes contre Israël, faisant craindre une extension du conflit, même si Washington a proposé une médiation pour obtenir un cessez-le-feu.

Trois roquettes de Gaza ont été interceptées vendredi matin par le système de défense anti-missiles Iron Dome au-dessus de Tel-Aviv, la capitale économique, selon l'armée israélienne.

Le mouvement islamiste Hamas, qui contrôle la bande de Gaza, a revendiqué quatre tirs de roquettes à longue portée contre l'aéroport international Ben Gourion, dans la périphérie de Tel-Aviv, qui n'a pas été touché.

Par ailleurs, une roquette a explosé dans une station-service d'Ashdod, à 30 km de la bande de Gaza, dans le sud d'Israël, faisant trois blessés, selon les services d'urgence.

Deux Palestiniens ont été tués vendredi dans le centre de la bande de Gaza lors d'une frappe aérienne israélienne, ce qui porte à 100 le nombre de morts palestiniens depuis le début de l'opération israélienne il y a quatre jours, selon les services d'urgences locaux.

Les deux personnes tuées circulaient dans une voiture de la municipalité de Gaza dans le secteur du camp de réfugiés de Bureij au moment de l'attaque. Un troisième homme à bord du véhicule est grièvement blessé, a précisé le porte-parole des services d'urgences palestiniens, Achraf al-Qoudra.

Dans le même temps, le Hamas, considéré comme une organisation terroriste par Washington, et le Jihad islamique, un groupe radical allié, ont lancé quelque 530 roquettes et obus vers Israël, dont 120 ont été interceptés par Iron Dome, selon l'armée.

Ce nouveau cycle de violences est le plus meurtrier depuis l'opération "Pilier de Défense" (novembre 2012), dont l'objectif était aussi de faire cesser les tirs de Gaza.

Il a été enclenché après le rapt le 12 juin puis le meurtre de trois étudiants israéliens en Cisjordanie, attribué par Israël au Hamas, suivi de l'assassinat d'un jeune Palestinien brûlé vif à Jérusalem par des extrémistes de droite juifs.

- Tir du Liban -

La confrontation menace de s'élargir sur le front Nord d'Israël après un tir de roquette depuis le Liban, qui n'a pas fait de victime. L'artillerie israélienne a riposté, visant les environs d'un village dans le sud du Liban, avant que le calme ne revienne.

Israël, qui semble exclure une attaque du Hezbollah chiite libanais, a déposé plainte auprès de la Force intérimaire de l'ONU au Liban (Finul).

A Jérusalem-Est et dans les Territoires palestiniens, la situation était potentiellement explosive avant la prière hebdomadaire musulmane, en ce vendredi de ramadan, et les habituelles manifestations en Cisjordanie occupée. La police israélienne a de nouveau restreint l'accès pour les fidèles à l'esplanade des Mosquées, dans la Vieille ville de Jérusalem, redoutant des violences.

L'aviation israélienne a mené 210 raids en 24 heures dans la bande de Gaza, dont 50 durant la nuit de jeudi à vendredi, contre des objectifs liés au Hamas, a indiqué un porte-parole militaire.

Parmi les cibles visées figurent 81 sites utilisés pour tirer des roquettes, des tunnels, des postes de contrôle et de commandement du Hamas ainsi que des bureaux d'institutions gouvernementales du Hamas, a précisé le porte-parole.

Un photographe de l'AFP a vu plusieurs bateaux en flammes dans le port de Gaza, notamment le "Gaza Ark", un gros navire de pêche qui appartient à une organisation internationale pro-palestinienne et qui devait tenter de briser le blocus maritime israélien.

Vingt et une maisons ou bâtiments abritant des cadres du Hamas ont également été détruites ces dernières 24 heures. Le porte-parole militaire a souligné que les habitants avaient reçu un ordre d'évacuation des lieux avant les frappes.

- Offre de médiation d'Obama -

Au sol, les préparatifs pour une éventuelle opération terrestre continuent.

Selon l'armée, 33 000 réservistes ont d'ores et déjà été mobilisés pour remplacer les soldats du contingent dans les régions militaires Nord et Centre afin de pouvoir les déployer près de la bande de Gaza.

"Nous disposons de trois brigades d'infanterie près de Gaza, et une ou deux autres brigades supplémentaires vont être déployées dans le prochains jours", a précisé le porte-parole.

Un photographe de l'AFP a vu une importante concentration de canons d'artillerie israéliens à proximité de l'enclave palestinienne.

Sur le plan diplomatique, la communauté internationale a engagé, timidement, des efforts pour enrayer la spirale de violence.

Dans un entretien téléphonique avec le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu, le président américain Barack Obama "a exprimé sa crainte d'une escalade et souligné la nécessité pour toutes les parties de faire leur possible pour protéger les civils" et rétablir le calme.

"Les Etats-Unis restent prêts à faciliter une cessation des hostilités, y compris le retour à l'accord de cessez-le-feu de novembre 2012", a ajouté la Maison Blanche.

Le secrétaire général de l'ONU Ban Ki-moon a appelé jeudi à un cessez-le-feu lors d'une réunion d'urgence du Conseil de sécurité, en réitérant ses "appels aux deux camps à faire preuve du maximum de retenue".

L'Egypte, premier pays arabe à avoir signé un traité de paix avec Israël en 1979, a fustigé vendredi la "politique de punition collective" d'Israël à Gaza, appelant la communauté internationale à mettre fin rapidement au conflit.

Mais M. Netanyahu a exclu tout cessez-le-feu dans l'immédiat, selon les médias israéliens.

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