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France : huit et neuf ans de prison pour les principaux prévenus du procès d'une filière jihadiste

11/07/2014 10:05 EDT | Actualisé 10/09/2014 05:12 EDT

Le tribunal correctionnel de Paris a condamné vendredi à huit et neuf ans de prison les quatre principaux prévenus dans le procès d'une filière jihadiste, accusés d'être allés combattre dans une zone frontalière entre le Pakistan et l'Afghanistan.

Les cinq autres prévenus, qui constituaient leur réseau de soutien resté en France, ont été condamnés à des peines allant de cinq à deux ans, la plupart assorties de sursis.

La peine la plus lourde, neuf ans ferme, a été prononcée à l'encontre de Touhami Tebourski, un Tunisien de 32 ans, soupçonné d'être allé combattre aux côtés des talibans. Il est actuellement emprisonné en Turquie dans l'attente de son extradition vers la France.

Seuls présents dans le box des prévenus, Riadh Hennouni, 28 ans, et Monahem Goujih, 35 ans, ont été condamnés à huit ans de prison. En détention provisoire depuis trois ans, ils sont repartis entre deux gendarmes.

Un autre jihadiste condamné à huit ans de prison, Zahir Chouket, est en fuite, sans doute en Tunisie.

Tous étaient accusés d'association de malfaiteurs en vue de préparer des actes terroristes ou de complicité. Dans son réquisitoire, le procureur avait requis dix ans de prison à l'encontre des quatre hommes accusés de s'être rendus en zone de combat.

Avant de prononcer les peines, le président Denis Couhé a précisé que, bien que des documents comme des plans de fabrication de bombes ou de la propagande jihadiste aient été trouvés sur eux, "leur participation effective à des combats" n'avait pas été établie et "ils n'avaient pas de projet d'attentat clairement défini, cela expliquant que les peines maximales prévues par la législation ne puissent être retenues".

Pour sa défense, Riadh Hennouni a vainement tenté de convaincre le tribunal qu'il avait passé un an à prier et méditer dans un séminaire sunnite en Iran, proche de la frontière afghane.

Monahem Goujih a plaidé qu'il avait passé deux ans au Pakistan, allant de ville en ville en compagnie de prêcheurs itinérants de la confrérie Tabligh et qu'il avait gardé "par simple curiosité" les documents compromettants trouvés en sa possession, enregistrés sur une micro-carte informatique, lors de son arrestation.

Parmi les prévenus soupçonnés d'appartenir à leur réseau de soutien en France, l'un, accusé d'avoir financé leur départ, a été condamné à cinq ans de détention.

Deux autres prévenus se sont vus infliger deux ans de peine de prison dont une avec sursis. Le premier était accusé d'avoir mis en ligne des vidéos appelant au jihad et le second d'avoir envoyé de l'argent à son frère.

Les membres du réseau de soutien "se sont engagés davantage de façon individuelle qu'au sein d'une organisation structurée et organisée. Par ailleurs, ils n'avaient jamais auparavant été condamnés", a indiqué le juge Couhé.

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