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Des Kurdes irakiens prennent le contrôle de deux champs pétrolifères

11/07/2014 08:41 EDT | Actualisé 10/09/2014 05:12 EDT

BAGDAD - Les forces de sécurité kurdes ont pris le contrôle de deux champs pétrolifères en périphérie de la ville de Kirkouk, dans le nord de l'Irak, et annoncé qu'elles utiliseraient une partie de la production à des fins locales, creusant encore davantage le fossé entre les Kurdes et le gouvernement du premier ministre Nouri al-Maliki.

Il s'agit de la plus récente avancée des Kurdes, qui ont répondu à la montée des extrémistes sunnites ayant pris le contrôle de grandes parties de l'Irak en saisissant eux-mêmes des portions du territoire, ce qui a pour effet d'agrandir la zone autonome kurde du nord du pays.

Les forces kurdes, connues sous le nom de peshmerga, ont progressé à Kirkouk, un centre névralgique de l'industrie pétrolière dans le nord, et aux alentours il y a quelques semaines, lors des premiers jours du soulèvement des extrémistes sunnites. Jusqu'à maintenant, elles ne s'étaient pas approchées des champs pétrolifères de la région.

Vendredi, toutefois, les combattants ont pris possession des champs pétrolifères de Bai Hassan et de Kirkouk et ont en chassé les travailleurs, a rapporté le ministre du pétrole à Bagdad.

Son porte-parole, Assem Jihad, a estimé que le geste était «une violation de la Constitution et une menace à l'unité nationale».

Du côté du gouvernement régional kurde, on affirme plutôt que les forces de sécurité ont agi pour protéger les champs après avoir appris que les autorités du ministère du Pétrole avaient ordonné de saboter un oléoduc reliant les installations pétrolières de la région. Le gouvernement kurde a affirmé que la production continuerait et que le personnel pouvait revenir y travailler, mais sous sa direction.

La production de ces champs servira à compenser le manque de produits de pétrole raffiné sur le marché local, a dit le gouvernement kurde, en référence à la crise du carburant dans la région. Les Kurdes réclameront aussi leur «part constitutionnelle» des revenus des champs pétrolifères, pour compenser le fait que Bagdad a coupé du budget les 17 pour cent destinés à la région kurde. Cela représentait quelque 20 milliards $ cette année.

Les relations déjà difficiles entre les Kurdes et le gouvernement central à Bagdad se sont considérablement détériorées au cours des derniers jours.

Mercredi, le premier ministre Nouri al-Maliki a accusé les Kurdes de donner refuge aux insurgés sunnites qui ont pris le contrôle d'une bonne partie du pays. Les Kurdes ont répliqué en déclarant que leurs politiciens boycotteraient les rencontres du cabinet et en appelant de nouveau à la démission de M. Al-Maliki. Bagdad a réagi en suspendant tous les vols de transport de marchandises dans les deux principaux aéroports de la région kurde. Vendredi, M. Al-Maliki a nommé des remplaçants temporaires aux cinq ministres kurdes du cabinet.

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