DIVERTISSEMENT

Daniel Grenier au Zoofest 2014: du rose nanane au brun trash (ENTREVUE)

11/07/2014 03:43 EDT | Actualisé 11/07/2014 03:44 EDT
Courtoisie

Si l’on devait choisir un crayon à l’intérieur d’une boîte Prismacolor pour décrire Daniel Grenier, la couleur orange flamboyant serait sans aucun doute une option idéale. Avec toute l’énergie qu’on lui connaît et son sourire fendu jusqu’aux oreilles, l’ex-membre des Chick’n Swell s’est entretenu avec le Huffington Post Québec pour discuter de son nouveau spectacle Daniel Grenier en Prismacolor.

Même avec 23 ans d’absurdités derrière la cravate, il n’est pas si évident de remonter sur scène lorsqu’on passe du trio au solo. Pouffant de rire, Daniel Grenier raconte comment il a vécu le tout: «La première fois, j’ai fait un petit show de 15 minutes. Il y avait environ une minute qui était correcte. Je me disais que je ne pouvais plus jamais remonter sur scène et que j’allais ruiner le nom des Chick’n Swell à tout jamais. J’étais sérieux, c’était pénible». Vaut mieux prendre la situation avec un grain de sel! L’artiste a donc ajusté ses numéros de fil en aiguille pour monter ce one man show présenté dans le cadre du Zoofest.

Revenir à sa simplicité…et à ses gogosses

L’humoriste espérait deux choses en créant son spectacle: revenir à la base et retrouver ce qui le faisait rire sans compromis. «Je voulais revenir à ce qui me faisait triper quand j’étais jeune, c’est-à-dire aller acheter des gogosses au Village des Valeurs de Victo, le Recyclovesto. Ça existe encore! Je suis retourné là-bas, j’ai fait mon magasinage», raconte-t-il.

Sans dénigrer ses années aux côtés des Chick’n Swell, Daniel Grenier avoue que le trio avait perdu son essence artistique de créer à partir de tout et n’importe quoi. «En mettant toujours la barre plus haute de sketch en sketch, on s’est créé un piège et on a mis le pied dedans. […] Le problème, c’était aussi de demander aux techniciens d’entrer dans nos têtes en peu de temps et de comprendre toutes nos directives, nos détails, nos décors. Ça ne finissait plus. Parfois, on les perdait à la première phrase du sketch.» Casse-tête interminable pour le trio, il fallait tout de même admettre que le résultat était jouissif pour les fans des Chicks.

Des trouvailles inusitées

Autre leçon bien apprise par son ancien groupe; Daniel Grenier tente maintenant de voyager léger. «Des fois, on voyageait avec 40 poches de hockey, 8 décors ou presque, pour une seule joke. On est allé à Vancouver avec des mannequins dans des poches de hockey. Imaginez-nous aux douanes!», relate notre moulin à paroles sur deux pattes. L’humoriste tente de conserver qu’une seule valise dans laquelle il glisse ses trouvailles tels un chat dansant avec lequel il a monté une chorégraphie et un clown trash en plâtre acheté dans une vente de garage pour 1,45$.

Du trash et du naïf

De quoi est composé Daniel Grenier en Prismacolor? De crayons de bois? De chats festifs dénichés au Quartier chinois? «Disons que c’est un show coloré, passant par plein de couleurs comme dans une boîte de Prismacolor. Je vais du blanc au noir. Je présente du rose fluo, mais aussi du brun trash», dit-il. Les spectateurs peuvent donc s’attendre à des blagues visuelles et à des chansons qui iront dans tous les sens. Ceux qui ont entendu son plus récent album J’ai un poussin sur la tête comprendront comment il réussit à passer du coq à l’âne aussi facilement. Il s’exprime sur les hyènes pas fines, puis quelques instants plus tard, il rit du batteur de Kiss et de son maquillage de chat. «C’est comme une boîte de Prismacolor. Chaque crayon est d’une couleur différente, mais ils ont tous leur place dans la boîte. Tout se suit quand même. Il y a des petits et des longs crayons, comme il y a des petits et des longs sketchs. Ah! Et de temps en temps, je les aiguise pour qu’ils soient meilleurs», relate-t-il en s’esclaffant de plus belle.

L’humoriste termine l’entrevue en mentionnant qu’il est à son avis prioritaire de se faire du bien et de faire du bien aux autres par l’humour. Puis, d’un ton protestataire, il fait aussi un petit pied de nez à la politique. « Faire de l’humour absurde sans parler de la guerre ou du gouvernement, je trouve que c’est une façon poétique d’envoyer promener la guerre. Vous vous cassez la tête à vous entre-tuer, eh bien moi, je vais danser avec un chat», conclut-il.

Daniel Grenier en Prismacolor est présenté aux Katacombes jusqu’au 30 juillet.

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