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Afghanistan: la légitimité de l'élection présidentielle est en jeu (Kerry)

11/07/2014 01:10 EDT | Actualisé 09/09/2014 05:12 EDT

Le secrétaire d'Etat américain John Kerry a déclaré vendredi matin à Kaboul que la légitimité de l'élection présidentielle afghane était en jeu, avant d'entamer sa médiation pour éviter une grave crise politique.

"La légitimité de l'élection est en jeu. L'avenir potentiel de la transition est en jeu", a dit à la presse M. Kerry, arrivé à Kaboul dans la nuit de jeudi à vendredi pour des entretiens avec les responsables afghans.

Au cours d'une journée marathon, M. Kerry doit rencontrer les deux candidats Abdullah Abdullah et Ashraf Ghani, qui se sont affrontés au deuxième de la présidentielle du 14 juin, et qui se disputent la victoire.

Il doit également s'entretenir avec d'autres responsables afghans, dont le président sortant Hamid Karzaï, seul homme à avoir dirigé le pays depuis la chute des talibans en 2001. Après deux mandats, la constitution interdisait à M. Karzaï de se représenter.

M. Abdullah accuse son rival d'avoir bénéficié de fraudes massives et s'est proclamé vainqueur malgré la publication des premiers résultats officiels plaçant Ashraf Ghani largement en tête (56,4%) du scrutin.

Les Etats-Unis, qui ont dépensé des dizaines de milliards de dollars en Afghanistan depuis 2001, redoutent l'implosion d'un régime qu'ils portent à bout de bras depuis 13 ans.

La mission délicate de M. Kerry vendredi à Kaboul sera de réaffirmer que Washington attend un examen sérieux des soupçons de fraude et n'acceptera pas de mesures anti-constitutionnelles, telles que la formation d'un "gouvernement parallèle" par le candidat perdant.

Cette dernière option mettrait le feu aux poudres dans un pays aux institutions encore fragiles et toujours en proie à une insurrection active des talibans.

En dépit de cette visite, Washington dit officiellement refuser toute ingérence dans les affaires afghanes et observer la neutralité vis-à-vis des deux candidats.

Mais le message du principal bailleur de fonds de l'Afghanistan reste clair: la crise politique doit se régler pacifiquement, faute de quoi l'aide financière et sécuritaire américaine cessera.

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