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Turquie: le candidat de l'opposition dénonce la répression de la fronde de 2013

10/07/2014 07:27 EDT | Actualisé 09/09/2014 05:12 EDT

Le candidat de l'opposition à l'élection présidentielle d'août en Turquie, Ekmeleddin Ihsanoglu, a clairement affiché jeudi ses différences avec l'homme fort du pays Recep Tayyip Erdogan, dénonçant la violente répression de la fronde de l'été 2013.

En présentant à Istanbul devant la presse les grandes lignes de sa vision pour la Turquie s'il était élu, M. Ihsanoglu, un érudit musulman et ex-patron de l'Organisation de la coopération islamique (OCI), a surtout mis l'emphase sur la nécessité d'"union" entre les Turcs, plus que jamais divisés sous le règne depuis 2003 du Premier Ministre, M. Erdogan.

M. Ihsanoglu a fermement critiqué la méthode forte utilisée par la police du régime islamo-conservateur pour réprimer les manifestations qui ont secoué pendant trois semaines toute la Turquie.

Partie d'un petit rassemblement de militants écologistes opposés à la destruction du parc Gezi, en plein centre d'Istanbul, le mouvement s'est mué en révolte sans précédent contre la dérive jugée autoritaire et islamiste de M. Erdogan, faisant au moins huit morts et des milliers de blessés.

"Je suis persuadé que les jeunes qui sont arrivés au parc le premier jour étaient d'excellents patriotes. Si l'Etat avait préféré utiliser la voie du dialogue au lieu du gaz et du bâton, nous n'aurions pas vécu ces souffrances", a estimé le candidat.

"Il faut couvrir l'ensemble du peuple (...) et mettre un terme à cette polarisation" sociale en Turquie, a affirmé M. Ihsanoglu, donnant un message d'apaisement.

"Le président est le chef de famille, il n'a rien à faire avec un bâton", a-t-il ajouté.

M. Erdogan avait qualifié les manifestants de "pillards" et ordonné à la police de sévir contre toute manifestation à travers le pays, ce qui lui a valu de nombreux critiques en Turquie et à l'étranger.

"Je ne peux par permettre que l'on appele ces jeunes des pillards", lui a répondu jeudi son principal rival.

Le chef du gouvernement agé de 60 ans, est donné favori dans tout les sondages pour le scrutin présidentiel du 10 et 24 août, qui se déroulera pour la première fois au suffrage universel.

M. Ihsanoglu, un novice dans la politique agé de 70 ans, est respecté pour sa sagesse et son discours modéré contre le Premier ministre, connu pour son agressivité en politique.

Cinq formations politiques, dont les deux plus importantes de l'opposition, lui ont affiché leur soutien.

Les Kurdes de Turquie qui forment 15% de la population, ont eux aussi leur candidat, le jeune député Selahattin Demirtas, 41 as.

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