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Mondial-2014 - Neymar: "On ne méritait pas ça"

10/07/2014 08:22 EDT | Actualisé 09/09/2014 05:12 EDT

"Lâcheté", c'est la "une" vendredi du journal Lance, qui estime que les responsables du football brésilien se sont servis jeudi de la star blessée Neymar comme "bouclier" après l'humiliation contre l'Allemagne (7-1) mardi à Belo Horizonte.

Il est vrai qu'avec un Neymar vêtu d'un maillot brésilien signé par tous ses partenaires, son arrivée pendant l'entraînement pour que les retrouvailles puissent être filmées, l'affaire avait tout d'un show médiatique, d'un opération de communication bien rodée... Un écran de fumée.. Car qui, à part lui, aurait pu se présenter devant des journalistes, prêts à lyncher les joueurs et voulant voir tomber des têtes.

On aime ou on n'aime pas sa coupe de cheveux, sa manière d'être, son omniprésence médiatique, mais, stratégie ou non, le gamin de 22 ans, victime d'une fracture la 3e vertèbre après la charge du Colombien Juan Pablo Zuniga, a vraiment fait don de lui jeudi en venant à Teresopolis de son lieu de convalescence, près de Santos, pour saluer ses coéquipiers.

- UN LEADER -

"Neymar est grand, la CBF" petite, estime Guilermo Gomes, l'éditorialiste, soulignant que le N.10 avait "dévié l'attention".

Neymar, qui fait la "une" de tous les journaux, a montré jeudi qu'il était aussi bon ballon au pied que devant les cameras qu'il a affrontées avec bravoure, ne se cachant pas derrière son absence et se solidarisant avec ses partenaires.

"On a commencé ensemble, on va finir ensemble", a -t-il notamment déclaré assumant la honte de l'humiliation comme s'il avait été sur le terrain.

"Je fais partie de la sélection qui a marqué l'histoire avec ce carton encaissé. Avec un peu d'injustice, on sera marqué comme Barbosa" (le gardien du Maracanaço), a-t-il ajouté assumant la déroute.

"On n'a pas fait une bonne campagne, pas montrer notre meilleure football, celui du Brésil", a-t-il admis, alors que le sélectionneur Luiz Felipe Scolari ou le coordinateur Carlos Alberto Parreira plaident, eux, l'accident après avoir atteint les quarts.

Et, Neymar en philosophe a rappelé humblement qu'il avait déjà été "sifflé par le passé, qu'il avait déjà commis des erreurs et qu'aujourd'hui, il avait retrouvé l'amour des supporteurs".

Il a aussi pleuré comme un jeune de son âge après une telle désillusion quand il a évoqué la charge du Zuniga qui l'a privé du reste du Mondial et failli le mettre "sur une chaise roulante".

Mais surtout à la fin, au bout de 45 minutes d'une conférence de presse sans faux-fuyant, il a insisté: "Je veux rejouer, redonner de la joie au peuple brésilien, à mes coéquipiers. Mon rêve n'est pas terminé. Mon rêve était d'enchanter le monde avec mon football, de rendre heureux. C'est pour ça que je joue avec le sourire, que je m'entraîne avec le sourire. Ce n'est pas parce qu'on a perdu ce Mondial que ça va changer. Le sourire peut disparaître quelque temps, mais il va revenir".

Fait exceptionnel, Neymar est sorti applaudi de la conférence de presse, salué par de journalistes deux jours à peine après la retentissante déroute de la Seleçao.

Le gamin a grandi. Son courage et ce service rendu en venant faire face alors qu'il aurait été plus simple de rester à l a maison l'ont sans aucun doute donné un statut encore plus important au sein de la sélection, ses partenaires ayant certainement apprécié.

Il est désormais plus qu'un joueur d'exception qui peut changer le cours d'un match, il est aussi devenu un leader sur le terrain mais aussi en dehors.

pgf/sk

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