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Mondial-2014 - Avec Van Gaal, les Pays-Bas ont fait profil haut

10/07/2014 06:04 EDT | Actualisé 09/09/2014 05:12 EDT

Les Pays-Bas de Louis van Gaal, bien qu'éliminés en demi-finale mercredi par l'Argentine, ont fait profil haut durant ce Mondial, démentant les pronostics pessimistes de la presse néerlandaise avant l'entame du tournoi.

Van Gaal peut céder sa place sur le banc Oranje à Guus Hiddink avec le sentiment du devoir accompli. Et il va pouvoir prendre ses fonctions à Manchester United après avoir montré au monde qu'il était bel et bien l'un des meilleurs tacticiens de la planète.

"Louis est le meilleur sélectionneur de l'histoire des Pays-Bas", a même dit de lui Dick Advocaat, l'un de ses prédécesseurs à la tête de l'équipe nationale.

Après la débâcle de l'Euro-2012 (élimination au premier tour après trois défaites), Van Gaal avait pris les commandes d'une équipe en crise et à la recherche d'une nouvelle défense.

"Il n'y avait que Van Gaal pour relever ce pari. C'était un défi si difficile que seul Louis était capable de le relever", a expliqué Advocaat au quotidien De Telegraaf.

- Défenseurs sans expérience -

Qui d'autre, en effet, aurait osé composer une défense quasi exclusivement composée de joueurs évoluant en championnat des Pays-Bas (Eredivisie) et ne possédant aucune expérience au plus haut niveau international ?

Les médias néerlandais étaient d'ailleurs sceptiques à l'entame du tournoi, de nombreux journalistes estimant que les Néerlandais auraient bien du mal à sortir d'un groupe où l'Espagne et le Chili faisaient figure de terreurs.

Le discours plein d'assurance (d'arrogance, disent ses détracteurs) d'un Van Gaal assurant "viser la finale" rassurait à peine les supporteurs néerlandais.

Puis vint ce 5-1 face à l'Espagne championne du monde en ouverture du tournoi. Une revanche sur la finale perdue (1-0 a.p.) quatre ans plus tôt en Afrique du Sud.

"J'avais des doutes en début de tournoi mais j'ai rapidement été rassuré par les qualités de cette équipe", dira plus tard le meneur de jeu Wesley Sneijder.

Le talent de Louis van G(éni)aal, tel qu'il est désormais surnommé au plat pays, s'est exprimé sur le plan tactique quand le sélectionneur s'est "adapté aux joueurs à (sa) disposition" en renonçant au traditionnel 4-3-3 pour évoluer avec cinq défenseurs et deux milieux défensifs et ainsi transformer sa formation en redoutable machine à contre-attaques, la vitesse d'Arjen Robben aidant.

La défense supposée fragile s'est transformée en forteresse, ne concédant que quatre buts, dont deux sur penalty, en six matches.

Le coup de poker du remplacement du gardien Jasper Cillessen par Tim Krul à la 120e minute du quart de finale face au Costa Rica a achevé de construire la légende d'un sélectionneur désormais adulé aux Pays-Bas.

- Quel défi pour Hiddink! -

En stoppant deux ballons lors de la séance de tirs au but, Krul a fait de Van Gaal un élément aussi déterminant qu'un des onze joueurs présents sur le terrain.

"Un coach est fait pour prendre les meilleures décisions dans des moments de grande tension", a expliqué Van Gaal, assurant pourtant que le mérite des bonnes prestations revenait toujours aux joueurs.

Pour Advocaat, "Van Gaal ayant tout gagné en club, il n'a plus rien à prouver. Il peut donc se permettre de prendre des risques que lui seul peut assumer".

Louis van Gaal laisse en outre un bel héritage à Guus Hiddink. Les jeunes Cillessen, De Vrij, Martins Indi et autre Wijnaldum ont accumulé une expérience qui sera précieuse dans deux ans pour l'Euro-2016 en France.

Ce tournoi sera peut-être le dernier rendez-vous majeur pour les Robben, Van Persie, Sneijder et Kuyt qui seront alors largement trentenaires.

Pour Hiddink, ce sera un défi important avec le danger de ne pouvoir faire aussi bien que ce bougre de Van Gaal.

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