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Élections en Haïti: l'opposition accuse le conseil électoral d'être biaisé

10/07/2014 08:18 EDT | Actualisé 09/09/2014 05:12 EDT

PORT-AU-PRINCE, Haïti - Des partis de l'opposition en Haïti allèguent que le conseil électoral nommé par le président Michel Martelly fausse le jeu en faveur de celui-ci, qui a convoqué au mois d'octobre les élections législatives et municipales longtemps reportées.

Les partis qui se plaignent d'exclusion et d'avantages injustes comprennent le parti Unité de l'ancien président René Préval et le parti Lavalas fondé par l'ancien président Jean-Bertrand Aristide. Ils font partie de plusieurs groupes majeurs de l'opposition ayant boycotté les discussions sur l'organisation des élections plus tôt cette année et qui ont refusé de s'inscrire auprès du Conseil électoral provisoire, qu'ils accusent d'être manipulé.

L'accord fixant au 26 octobre le jour des élections n'a pas encore été approuvé par le Sénat, où un groupe d'opposants au président Martelly affirme qu'il est inconstitutionnel.

Le conseil électoral choisi par M. Martelly ne compte que sept des neuf membres prévus et son président, Fritzo Canton, est un avocat qui défend notamment l'ancien dictateur Jean-Claude Duvalier contre des accusations de détournement de fonds et de violations des droits de la personne.

Le porte-parole d'Unité, Dieudonné Saincy, a déclaré qu'Haïti avait besoin d'un conseil électoral impartial qui ne prend pas partie en faveur du gouvernement ou de l'opposition. Selon M. Saincy, le pays vit maintenant une crise politique parce que le conseil électoral est entièrement contrôlé par M. Martelly.

Le gouvernement Martelly a rejeté ces critiques, les assimilant à de l'intransigeance de ses opposants politiques, dont certains ont organisé des manifestations pour réclamer sa démission. M. Martelly affirme qu'il a fait plusieurs concessions à ses opposants, notamment en formant un nouveau cabinet, et qu'il tente activement de trouver un compromis avec les membres du Sénat.

Malgré les pressions exercées par les Nations unies, les États-Unis et d'autres pays qui soutiennent Haïti, les efforts précédents pour organiser les élections législatives et municipales au cours des dernières années ont été paralysés par les rivalités entre les branches exécutive et législative du gouvernement. En avril, Washington a prévenu les autorités haïtiennes qu'un financement prévu de 300 millions $ US pour la garde côtière, le ministère de la Santé et d'autres projets était à risque à cause du retard dans l'organisation du vote.

En mai, le président Martelly a annoncé qu'il avait nommé un nouveau conseil électoral pour superviser le scrutin en Haïti, où les élections n'ont jamais été un exercice facile. La date du 26 octobre a été annoncée au début du mois de juin.

L'Organisation des États américains a affirmé qu'elle fournirait un appui pour les élections, mais des observateurs politiques doutent que le scrutin puisse vraiment avoir lieu à la fin d'octobre.

Les élections longuement attendues visent à combler 20 des 30 sièges du Sénat, les 99 sièges de la chambre basse et 140 postes municipaux. Si des élections ne sont pas organisées d'ici le mois de janvier, le président Martelly gouvernera essentiellement par décret.

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