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Le FMI devrait encore revoir à la baisse la croissance en Afrique du Sud

10/07/2014 02:59 EDT | Actualisé 08/09/2014 05:12 EDT

Le fonds monétaire international (FMI) devrait à nouveau revoir à la baisse sa prévision de croissance pour l'Afrique du Sud, frappée par des grèves et des incertitudes sur son approvisionnement en électricité, selon son représentant sur place.

"D'ici la fin du mois, le FMI va publier ses nouvelles perspectives économiques mondiales, et je m'attends à ce que nous revoyions à la baisse la prévision de croissance pour 2014, comme (l'ont déjà fait) d'autres observateurs", a indiqué le représentant de l'institution Axel Schimmelpfennig au quotidien économique Business Day de jeudi.

Le FMI a déjà baissé à plusieurs reprises sa prévision de la croissance sud-africaine pour 2014, de 2,9% en octobre à 2,8% en janvier et 2,3% en avril. A ce niveau, il semble encore optimiste par rapport à la banque centrale sud-africaine (2,1%), la Banque mondiale et le ministre des Finances Nhlanhla Nene (2%), l'agence Standard and Poor's (1,9%) ou encore Fitch (1,7%).

La croissance a régulièrement baissé ces dernières années, de 3,6% en 2011 à 2,5% en 2012 puis 1,9% en 2013.

Alors que les perspectives économiques mondiales ne sont guère encourageantes, l'Afrique du Sud sort à peine d'une très longue grève qui a paralysé ses principales mines de platine pendant cinq mois, et est actuellement touchée par un mouvement social affectant la sidérurgie et les constructions mécaniques, qui pourrait gripper toute l'industrie manufacturière s'il se prolonge.

Echaudés par les grèves à répétition, les économistes s'inquiètent en outre pour l'approvisionnement en électricité du pays, constamment au bord de la rupture tant les centrales tournent à pleine capacité.

Les investisseurs attendent également des indications claire du gouvernement, qui semble hésiter éternellement entre une politique libérale et ses tentations dirigistes.

"L'Afrique du Sud a besoin d'une croissance élevée, dans tous les secteurs, menée par le secteur privé, pour encourager la création d'emplois et réduire les inégalités", a estimé M. Schimmelpfennig, appelant à "des réformes décisives des marchés des biens et du travail".

Le pays aurait besoin selon la plupart des économistes d'une croissance pérenne de 6 à 7% pendant plusieurs années pour donner du travail à ses millions de chômeurs, qui représentent officiellement le quart de la population active --et beaucoup plus si on prend en compte ceux qui ont renoncé à chercher du travail.

liu/de

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