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L'Afghanistan est "à un moment critique" de son histoire (Kerry)

10/07/2014 08:01 EDT | Actualisé 09/09/2014 05:12 EDT

L'Afghanistan est "à un moment critique" de son histoire, a estimé le secrétaire d'Etat américain John Kerry, alors que le pays est en proie à une vive crise politique en raison des accusations de fraudes suivant l'élection présidentielle.

Abdullah Abdullah, arrivé second au scrutin du 14 juin, s'est cependant déclaré mardi vainqueur de la présidentielle afghane, rejetant l'avance de son rival Ashraf Ghani, due selon lui à une fraude massive.

"Il s'agit (pour l'Afghanistan) d'un moment critique de sa transition, qui est essentiel pour la gouvernance future du pays", a déclaré John Kerry lors d'un point presse à Pékin, où il participait mercredi et jeudi à un dialogue stratégique sino-américain.

"On espère qu'au cours des prochains jours, une solution sera trouvée, offrant des fondations à l'Afghanistan pour prendre en mains son avenir", a poursuivi M. Kerry.

Le scrutin doit donner au pays un successeur à Hamid Karzaï, qui l'a dirigé depuis la chute des talibans fin 2001. Et certains observateurs craignent qu'une impasse politique ne dégénère en tensions voire en violences communautaires entre Tadjiks au Nord, fidèles à M. Abdullah, et Pachtounes au Sud et à l'Est dans le camp Ghani.

Lors de la précédente présidentielle en 2009, M. Abdullah avait jeté l'éponge avant le second tour en dénonçant, déjà, des fraudes en faveur du président Hamid Karzaï, qui fut ainsi réélu.

Conscient d'attiser les tensions chez ses partisans, il s'est toutefois efforcé de rassurer la communauté internationale, assurant "vouloir l'unité nationale et la dignité de l'Afghanistan, pas la guerre civile".

Les Etats-Unis, principal bailleur de fonds et soutien militaire de l'Afghanistan depuis 2001, avaient mis en garde dès mardi contre toute tentative de prendre illégalement le pouvoir et contre toute mise en place d'un "gouvernement parallèle", menaçant de couper les vivres au pays.

John Kerry a indiqué à Pékin avoir été en contact "à plusieurs reprises" avec les deux candidats à la présidentielle, ainsi qu'avec le président sortant Karzaï.

"Nous encourageons (les deux candidats) à ne pas attiser les attentes de leurs partisans, à témoigner publiquement leur respect pour l'audit en cours (des résultats du scrutin) et à faire preuve d'une attitude de chef d'Etat à un moment où l'Afghanistan en a terriblement besoin", a-t-il souligné.

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