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Un supposé nazi immigré aux États-Unis et devant être déporté meurt à 93 ans

09/07/2014 05:54 EDT | Actualisé 08/09/2014 05:12 EDT

DÉTROIT - Un homme se trouvant sous le coup d'un ordre de déportation pour avoir servi au sein d'une force de police contrôlée par les nazis durant la Deuxième Guerre mondiale est mort au Michigan à l'âge de 93 ans, après avoir nié pendant plusieurs années qu'il avait tiré sur des juifs.

John Kalymon est mort le 29 juin dans sa maison de la banlieue de Detroit. Il souffrait de pneumonie, d'un cancer de la prostate et de démence, a indiqué son fils Alex Kalymon à l'Associated Press.

«Au cours des deux dernières années, il ne savait plus rien de sa vie, a-t-il dit mercredi. Il peinait simplement à rester vivant, et son esprit n'était plus là.»

Une cour fédérale a maintenu l'an dernier un ordre de déportation contre le vieillard, mais les États-Unis n'ont pas pu trouver un pays qui l'accepte.

À Munich, des procureurs ont déposé cette année un mandat d'arrêt contre lui, sous prétexte qu'il aurait participé à des crimes de guerre. Ces procureurs prévoyaient le faire examiner par un médecin américain afin de déterminer s'il pouvait subir un procès, mais cet examen n'a jamais eu lieu.

M. Kalymon a bel et bien servi au sein de la police auxiliaire ukrainienne sous contrôle nazi à Lviv, qui faisait alors partie de la Pologne. Il affirme n'avoir rien fait de plus que d'accomplir des tâches de surveillance et n'aurait jamais abattu des juifs.

«J'aime ce pays parce que c'est mon pays. Je vais mourir ici», a-t-il déclaré lors d'une entrevue réalisée en 2009. «Ils veulent me faire partie, moi, un vieil homme. Je n'ai jamais été arrêté, je paie mes impôts. Je ne connais personne de plus honnête que moi», avait ajouté cet ingénieur automobile à la retraite.

En 2007, après un procès au civil, un juge fédéral de Detroit lui a retiré sa citoyenneté, affirmant que ses deux années passées au sein de la police ukrainienne avaient entraîné des actes de persécution contre des civils.

Le gouvernement a fourni un document manuscrit dans lequel «Iv Kalymun» rapporte avoir tiré quatre balles, tuant un juif et en blessant un autre. M. Kalymon a reconnu qu'il écrivait son nom de famille de deux façons lorsqu'il était jeune, mais qu'il ne se faisait pas appeler «Kalymun» lorsqu'il était dans la police.

Selon Alex Kalymon, son père n'a pas parlé de son travail de policier lorsqu'il est arrivé aux États-Unis après la Deuxième Guerre mondiale, parce qu'il craignait d'être expulsé.

«Cela aurait signifié retourner derrière le Rideau de fer, et vers une mort certaine.»

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