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Obama à l'Amérique centrale: "n'envoyez pas vos enfants" aux USA illégalement

09/07/2014 08:31 EDT | Actualisé 08/09/2014 05:12 EDT

Le président Barack Obama a exhorté mercredi les parents d'Amérique centrale à s'abstenir d'envoyer leurs enfants illégalement aux Etats-Unis en passant par le Mexique.

"Les parents doivent savoir que c'est un périple extrêmement dangereux et qu'il est très peu probable que leurs enfants soient autorisés à rester" aux Etats-Unis, a dit M. Obama dans une référence implicite aux 57.000 mineurs non accompagnés interpellés à la frontière avec le Mexique depuis octobre.

L'immense majorité d'entre eux viennent du Guatemala, du Honduras et du Salvador et se rendent aux Etats-Unis par le Mexique dans l'espoir de fuir la violence et la pauvreté.

"J'ai demandé aux parents à travers l'Amérique centrale de ne pas exposer leurs enfants au danger de cette façon", a-t-il déclaré lors d'une allocution à Dallas, au Texas, Etat du Sud des Etats-Unis qui partage une très longue frontière avec le Mexique.

Le président américain a également exhorté le Congrès à approuver rapidement une enveloppe d'urgence de 3,7 milliards pour répondre à cet afflux de clandestins.

Une audition doit être consacrée à cette demande jeudi au Sénat, avec notamment une intervention du secrétaire à la Sécurité intérieure, Jeh Johnson.

Selon l'exécutif américain, ces fonds permettraient d'augmenter les capacités d'arrestation et de détention de clandestins qui traversent la frontière, accélérer les expulsions d'adultes et renforcer les services aux réfugiés mineurs non accompagnés.

Le Congrès "s'intéresse-t-il plus à la politique ou à la résolution de problèmes?", s'est demandé Barack Obama de façon rhétorique. "Si sa préférence va à la politique, alors le problème ne pourra pas être résolu".

A Washington, les républicains, qui dominent la Chambre des représentants, estiment que le président est responsable de l'afflux de clandestins, à cause de sa décision en 2012 de régulariser pour une période renouvelable de deux ans des centaines de milliers de jeunes sans-papiers, créant selon eux un appel d'air.

D'ailleurs, le gouverneur du Texas, Rick Perry, un républicain farouchement opposé à Barack Obama, avait initialement refusé d'accueillir le président à sa descente d'Air Force One à son arrivée au Texas.

Finalement, les deux hommes ont eu un entretien "fructueux", selon le mot du président, mais leurs opinions divergent quant aux moyens d'aborder le problème.

"Il est possible de sécuriser la frontière et le président doit affecter les ressources nécessaires pour y parvenir", a expliqué M. Perry dans un communiqué.

Car les républicains estiment qu'affecter plus de patrouilles à la frontière avec le Mexique permettrait de freiner le flux de jeunes, voire très jeunes, sans-papiers.

A l'inverse, M. Obama pointe des moyens insuffisants pour accueillir les sans-papiers à leur arrivée.

Selon la loi, les enfants doivent être transférés rapidement dans des centres d'hébergement sous la responsabilité du département de la Santé, mais les services d'immigration sont surchargés, prolongeant les procédures, et les lits manquent.

Et leur nombre ne semble pas se tarir. Ils sont 57.000 à avoir été interpellés "depuis le début de l'année budgétaire (le 1er octobre, ndlr), leur nombre a plus que doublé par rapport à l'année précédente", a déclaré mercredi Gil Kerlikowske, directeur de l'agence fédérale des douanes et des frontières.

Le précédent chiffre disponible était de 52.000.

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