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Nouvelle-Orléans: l'ex-maire corrompu Ray Nagin passera 10 ans en prison

09/07/2014 04:38 EDT | Actualisé 08/09/2014 05:12 EDT

LA NOUVELLE-ORLÉANS - L'ancien maire de La Nouvelle-Orléans Ray Nagin a été condamné mercredi à 10 ans de prison pour pots-de-vin, blanchiment d'argent et autres actes de corruption ayant émaillé ses deux mandats à la tête de la ville — y compris les années chaotiques après le passage de l'ouragan Katrina en 2005.

La juge de district Helen Berrigan a dévoilé la peine mercredi matin. Nagin avait été reconnu coupable le 12 février d'avoir accepté des centaines de milliers de dollars de la part de gens d'affaires voulant obtenir des contrats de la Ville, ou gagner l'appui du maire pour divers projets. Les pots-de-vin ont été versés sous forme d'argent, de vacances gratuites ou de cargaisons de granit gracieusement offertes à l'entreprise familiale du maire.

Le démocrate de 58 ans avait pourtant vivement nié tout acte répréhensible après sa mise en accusation, en 2013, et lors de son procès en février.

Quelques instants avant de connaître sa peine, un Nagin désormais tout sauf combatif a fait une brève déclaration, remerciant la juge pour son professionnalisme. Il ne s'est pas excusé. «Je crois que Dieu réglera tout ça», a-t-il dit.

L'ex-maire doit se présenter en septembre aux portes d'un pénitencier de la Louisiane.

La magistrate a noté la nature grave des crimes, mais a invoqué plusieurs autres facteurs ayant influencé sa décision et l'ayant poussée à s'écarter des normes en la matière. Selon la jurisprudence, l'ancien premier magistrat risquait jusqu'à 20 ans derrière les barreaux.

Elle a estimé que Nagin ne devrait pas être présenté comme le chef de la magouille dans le cadre de laquelle les participants ont obtenu pour plusieurs millions de dollars en contrats municipaux. L'ex-maire aurait empoché près de 500 000 $ US.

Ray Nagin était un nouveau venu en politique lorsqu'il a été élu en 2002. Il se présentait comme un réformateur et a annoncé de grandes manoeuvres contre la corruption qui rongeait les programmes de permis de taxi et d'inspection des véhicules. Mais des procureurs fédéraux ont plaidé que ses propres gestes corrompus ont débuté pendant son premier mandat, se sont poursuivis pendant la période Katrina, et ont pris de l'ampleur au cours de son second mandat.

Avant le prononcé de la peine, la poursuite réclamait 20 ans de réclusion, voire davantage. Pour l'avocat de la défense Robert Jenkins, cela aurait été l'équivalent d'une «peine de prison à vie», d'autant plus que, affirmait-il, l'ex-maire ne risquait pas de fauter de nouveau.

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