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Mondial-2014: le Brésil explose en vol et doit retrouver sa philosophie

09/07/2014 06:05 EDT | Actualisé 08/09/2014 05:12 EDT

Le Brésil a explosé en vol à domicile lors de la défaite 7-1 contre l'Allemagne en demi-finale du Mondial après avoir montré un jeu poussif lors des matches précédents: la Confédération brésilienne de football doit lancer des chantiers pour l'après Scolari.

Luiz Felipe Scolari était champion du monde 2002, Carlos Alberto Parreira champion du monde 1994. Les deux hommes du ticket 2014 avaient donc une crédibilité certaine. Mais, s'il est facile de prédire le passé et de constater que leurs méthodes anciennes étaient périmées, il ne faut pas forcément jeter le bébé avec l'eau du bain. Scolari avait fait un mélange entre joueurs anciens qu'il connaissait et jeunes. Si la formule pouvait paraître bonne, il s'est arc-bouté sur un système de jeu reposant sur la défense à l'opposé des principes historiques brésiliens. En 2002, les joueurs vedettes Ronaldo, Rivaldo, Roberto Carlos lui avaient donné raison.

L'entraîneur

Choisir et s'y tenir. Comme l'a souligné Scolari lui-même, l'Allemagne est entraînée depuis la fin du Mondial-2006 par Joachim Löw, qui était auparavant l'adjoint de Jurgen Klinsmann. Autant dire que l'homme connaissait la maison et qu'il a pu ainsi mélanger les "vieux" et les jeunes. La CBF avait entamé un cycle similaire avec Mano Menezes, chargé de faire monter les jeunes après Dunga, mais l'avait finalement licencié devant la faiblesse des résultats. Il faut cette fois choisir et ne pas se tromper. Tite, l'ancien entraîneur des Corinthians, paraît le candidat de la fédération.

Les joueurs

"De l'équipe qui a perdu ce soir, il y a aura 12, 13, 14 joueurs qui seront probablement au Mondial-2018. C'est le chemin qu'il faut suivre. La majorité de ces joueurs joueront à haut niveau avec leurs clubs et continueront en sélection", a estimé Scolari. Il faut a priori trancher en écartant certains médiocres, dinosaures ou vieux à qui Scolari faisait confiance, de Fred à Dani Alves, de Julio Cesar à Jo... Il faut surtout construire une équipe qui joue ensemble régulièrement. Quitte à oublier les résultats pendant quelque temps.

Formation

Depuis Dunga et 1994, le Brésil se veut réaliste. Il faut dire qu'entre le titre mondial de 1970 et 1989 (Copa America) puis 1994, le Brésil n'avait rien gagné. Depuis 1970, le Brésil se veut plus réaliste que les équipes des années 1980 qui jouaient bien mais ne gagnaient rien. Beaucoup espèrent que le Brésil va renouer avec le football-champagne: "Il faut rediscuter de la formation et de l'éducation, non seulement dans la vie mais dans le sport. Il faut revoir la formation à la base: les joueurs ne peuvent pas être considérés comme des simples valeurs marchandes", a estimé Rodrigo Caetano, directeur sportif du Vasco da Gama, au journal Estado de Sao Paulo.

Réformes

Si le Brésil veut avoir une bonne équipe nationale, il faut avoir un bon championnat local avec des équipes qui recrutent et forment. Dani Alves souligne: "Le football doit évoluer en général. Le foot et son entourage doivent s'améliorer. Je ne veux pas m'esquiver: nous sommes tous responsables".

Le calendrier est bizarre et peut-être faut-il revoir le modèle des championnats, avec des championnats parallèles nationaux et par région.

pgf/heg/chc

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