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L'imposition de «quotas» de constats d'infraction ne fait pas l'unanimité

09/07/2014 10:56 EDT | Actualisé 08/09/2014 05:12 EDT

MONTRÉAL - La Fédération des policiers et policières municipaux du Québec (FPMQ) monte aux barricades pour dénoncer des objectifs imposés au sein de la Régie intermunicipale de police Richelieu-Saint-Laurent (RIPRSL), en Montérégie, pour l'été et l'automne 2014.

Dans une récente note interne, la RIPRSL exige que douze constats d'infraction relatifs à la sécurité routière soient remis dans chacun des secteurs de patrouille. L'organisation y explique qu'ils peuvent, par exemple, être destinés à punir des conducteurs qui utilisent leur téléphone portable, qui ne respectent pas la limite de vitesse ou qui brûlent un feu rouge.

Elle ajoute que la moyenne de contraventions émises doit augmenter pour passer à 1,3 par heure.

Toujours dans le même document, il est inscrit que ces cibles «feront l'objet d'un contrôle quotidien» et que si jamais elles ne sont pas atteintes«des démarches seront entreprises afin de régulariser la situation».

Le président de la FPMQ, Denis Côté, est sorti de ses gonds lorsqu'il a pris connaissance de ces directives. En entrevue à La Presse Canadienne, il a soutenu qu'il s'agissait clairement de «règles déraisonnables».

Il a indiqué qu'il ne pouvait accepter que des agents soient soumis à une «pression indue» et qu'ils soient forcés de respecter des «quotas» et d'agir à titre de percepteurs d'une taxe déguisée». Poursuivant sur sa lancée, M. Côté a déclaré qu'ils ne sont «pas là pour garnir les coffres des municipalités».

Il a martelé qu'il est primordial que chaque policier conserve «son pouvoir discrétionnaire d'émettre un constat ou non». Il a précisé que, dans certaines circonstances, «un simple avertissement verbal peut être suffisant».

Denis Côté a tenu à dire que l'amélioration de la sécurité routière «ne passe pas uniquement par l'émission de contraventions et par la perception d'amendes» mais aussi par la simple prévention.

Il a lancé que s'ils acceptent de se plier à de pareilles demandes,les agents ne pourront certainement plus espérer «se rapprocher de la communauté» et il sera illusoire pour eux de croire que les citoyens vont être tentés de collaborer avec eux en «portant plainte ou en agissant comme témoins dans divers dossiers».

Il a mentionné que si ces instructions demeuraient en vigueur, la FPMQ ira loin. Dans une pareille éventualité, M. Côté n'exclut pas de demander «l'intervention de la ministre de la Sécurité publique [Lise Thériault] [...] pour qu'elle fasse entendre raison aux dirigeants de la Régie».

La présidente de la RIPRSL et mairesse de Beloeil, Diane Lavoie, ne semble guère impressionnée par cette mise en garde. Jointe par La Presse Canadienne, elle a lancé que ce qu'elle «souhaite c'est [...] que [ses] citoyens soient en sécurité». Elle a, ensuite, dit qu'elle ne «pense pas que Mme Thériault serait contre cette idée-là».

Elle a expliqué que ces directives n'ont pas été données à l'aveuglette. Mme Lavoie a noté que les élus «reçoivent des plaintes au quotidien» pour des problèmes aigus dans des zones résidentielles. Elle a insisté sur le fait que de nombreux automobilistes n'y respectent pas le Code de la sécurité routière en y roulant trop vite ou en n'y effectuant pas les arrêts obligatoires.

Elle a aussi souligné que «les policiers ont une «job (sic)» à faire et qu'ils sont payés pour ça. À son avis, une solution simple s'offre aux membres des forces de l'ordre qui ne veulent pas faire leur travail. D'après elle, ceux qui se «traînent les bottes» peuvent tout simplement «changer d'emploi».

«Ils ne doivent pas être payés à rien faire ou pour arrêter manger dans les dépanneurs ou pour aller chercher des beignets chez Dunkin Donuts», a-t-elle conclu.

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