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Le Luxembourg va bientôt émettre des titres de dette islamiques

09/07/2014 03:17 EDT | Actualisé 08/09/2014 05:12 EDT

Le Luxembourg a ouvert la voie mercredi à l'émission de "sukuk", des titres de dette conformes aux principes islamiques, rejoignant ainsi le Royaume-Uni qui a été le premier à le faire hors du monde musulman.

Le Grand-Duché devrait donc devenir le premier pays à émettre des "sukuk" en euros.

La chambre des députés a approuvé un projet de loi prévoyant le transfert de propriété dans une société spécialement créée de trois immeubles appartenant à l'Etat luxembourgeois, à laquelle s'adossera l'obligation islamique.

L'emprunt, à émettre en une ou plusieurs tranches, ne dépassera pas le montant de 200 millions d'euros, ce qui correspond à la valeur des trois immeubles.

"Le ministère a ouvert la voie à l'émission de +sukuk+, ce qui constitue une étape majeure dans le développement de la finance islamique au Grand-Duché", a indiqué le ministère luxembourgeois des Finances dans un communiqué.

Il a confirmé la "volonté politique" du Luxembourg de "diversifier et de développer des marchés alternatifs pour ses services financiers et de faire du Grand-Duché une place financière de premier ordre dans le monde".

Lors des travaux parlementaires, les députés de la Commission des finances ont reconnu, en réponse à certaines critiques, que l'emprunt islamique coûterait plus cher qu'une émission obligataire conventionnelle en raison de la complexité des montages que cela implique, "si l'on considère l'opération de manière isolée".

Mais "il faut tenir compte des retombées économiques positives que la finance islamique peut engendrer pour l'économie luxembourgeoise", affirme le rapport parlementaire. Par cette opération, les autorités luxembourgeoises disent vouloir "attirer l'attention" des investisseurs du Golfe et des pays musulmans.

En cas de succès, l'État envisage de recourir à nouveau à ce type d'opération pour subvenir à ses besoins de financement.

Le Luxembourg a été devancé par le Royaume-Uni, un concurrent majeur en matière de services financiers. Le Trésor britannique a émis fin juin des "sukuk" -- titres excluant notamment le paiement d'intérêts--, confirmant la City comme place-forte de la finance islamique dans le monde occidental. Il a levé 200 millions de livres (environ 250 millions d'euros).

Le secteur de la finance islamique devrait représenter 1.300 milliards de dollars cette année.

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