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La coalition syrienne a élu un nouveau chef

09/07/2014 07:31 EDT | Actualisé 08/09/2014 05:12 EDT

La Coalition nationale syrienne (CNS), regroupant l'opposition à Bachar al-Assad soutenue par l'Occident, l'Arabie saoudite et le Qatar, a élu mercredi près d'Istanbul Hadi el-Bahra comme son nouveau chef, dans le but de mettre un terme aux divisions au sein de l'opposition au régime syrien.

Hadi el-Bahra, qui était soutenu par son prédécesseur, Ahmad Jarba, et par l'Arabie saoudite, où il habite, a été élu au cours d'une réunion tenue dans une lointaine banlieue d'Istanbul.

"La révolution doit renouer avec ses origines, elle doit être remise sur ses rails", a-t-il déclaré à la presse après son élection.

Cet ingénieur industriel, qui a fait des études aux Etats-Unis et parle couramment anglais, a obtenu 62 voix lors du vote tôt mercredi tandis que son principal rival, Mouwafaq Nayrabiyeh, en a obtenu 41.

Les représentants de la coalition ont également élu un secrétaire général, Naser al-Hariri, et trois vice-présidents, dont - c'est une première - une femme, Noura al-Ameer.

Le nouveau président du CNS, né à Damas en 1959, a passé la plus grande partie de sa vie d'adulte en Arabie saoudite où il gère plusieurs hôpitaux et d'autres entreprises. Expert en communication, il a dirigé l'équipe de négociation dans la délégation de l'opposition à la conférence Genève II en janvier dernier, qui n'avait pas abouti à un règlement de la sanglante crise syrienne.

Dans un entretien avec l'AFP lors de ces discussions, Hadi el-Bahra s'était dit déterminé à oeuvrer en faveur d'une solution politique au conflit, insistant sur le fait que l'opposition "ne cherchait pas à augmenter ses pouvoirs ou à imposer une opinion".

Il succède à Ahmad Jarba, qui dirigeait la coalition depuis juillet 2013 mais n'avait pas réussi à unifier l'opposition et à obtenir un soutien militaire occidental significatif.

"En fait, les institutions et groupes internationaux sont incapables de tenir leurs promesses", a relevé M. al-Bahra après son élection.

"Ils ont abandonné et ne sont plus à même de répondre aux besoins exigés par la situation en Syrie", a-t-il poursuivi.

Selon lui, la Syrie traverse une "crise humanitaire et politique sans pareil".

William Hague, le chef de la diplomatie britannique, a salué l'élection et assuré que "le Royaume-Uni (allait) continuer de travailler étroitement avec le président el-Bahra et les autres membres de la coalition nationale (...) pour les aider à réaliser leurs aspirations d'une Syrie démocratique".

"Il ne peut pas y avoir de règlement pacifique en Syrie si le peuple syrien est laissé avec pour seul choix un régime brutal d'un côté et des terroristes de l'autre", a-t-il affirmé dans un communiqué.

- Divisions internes -

Le nouveau chef de l'opposition syrienne aura pour tâche de poursuivre les efforts pour chasser le président syrien du pouvoir, au moment où le régime de Damas gagne du terrain militairement et que les jihadistes de l'État islamique (EI) progressent eux aussi.

Ces jihadistes ultra-radicaux, déjà très présents en Syrie, contrôlent de vastes pans de l'Irak depuis une offensive éclair début juin qui les a menés aux portes de Bagdad. Le groupe a proclamé un califat islamique sur les territoires qu'il contrôle à cheval entre la Syrie et l'Irak.

L'opposition syrienne est minée par des conflits internes liés à des différends entre les pays qui la soutiennent, notamment l'Arabie saoudite et le Qatar. En outre, son influence sur le terrain est extrêmement limitée.

Le président américain Barack Obama a fait un geste le mois dernier en demandant au Congrès d'autoriser un budget de 500 millions de dollars pour "entraîner et équiper" l'opposition armée modérée.

La pression de l'EI n'est pas pour rien dans cette requête. "Ces fonds aideront les Syriens à se défendre, à stabiliser les zones sous contrôle de l'opposition, à faciliter la fourniture de services essentiels, à contrer les menaces terroristes et faciliter les conditions d'un règlement négocié", plaide la Maison Blanche.

La coalition syrienne est reconnue par plusieurs Etats, dont les Etats-Unis, la Grande-Bretagne et la France, comme la seule représentante légitime des Syriens.

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