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Israël accentue son offensive contre le Hamas dans la bande de Gaza

09/07/2014 02:17 EDT | Actualisé 08/09/2014 05:12 EDT

JÉRUSALEM - Les nations arabes ont réclamé mercredi une réunion d'urgence du Conseil de sécurité des Nations unies et des gestes immédiats pour mettre fin à ce qu'elles qualifient de «massacre outrageant» commis par Israël contre les Palestiniens, particulièrement à Gaza.

L'émissaire palestinien à l'ONU Riyad Mansour et des ambassadeurs représentant les nations arabes, islamiques et non-alignées ont déclaré à des journalistes, après une rencontre avec le président du conseil, qu'ils s'attendaient à ce qu'une réunion ait lieu très rapidement.

Le Rwanda occupe la présidence du conseil ce mois-ci. Chantel Uwizera, la porte-parole pour la mission onusienne rwandaise, a confié à l'Associated Press que cette rencontre d'urgence aura vraisemblablement lieu jeudi matin.

Cet appel des pays arabes pour que le conseil agisse survient alors qu'Israël a renforcé son offensive contre la Bande de Gaza, bombardant des centaines de cibles et tuant au moins 61 personnes, dont au moins une vingtaine de civils, selon des sources palestiniennes. L'offensive a déclenché certains des combats les plus intenses entre Israël et le Hamas contrôlant Gaza depuis une bataille de huit jours en novembre 2012.

L'ambassadeur d'Israël aux Nations unies, Ron Prosor, a indiqué aux médias que l'État hébreu avait offert un cessez-le-feu au Hamas via «tous les canaux possibles», mais que le groupe avait refusé. «Le Hamas nous a entraînés dans ce conflit», a-t-il dit.

De son côté, l'ambassadeur onusien de l'Arabie saoudite, Abdallah Al-Moualimi, s'exprimant au nom des 57 membres de l'Organisation de coopération islamique, a exprimé sa colère face au «massacre barbare d'Israël» et de l'«application disproportionnée de la force», qu'il estime être «sans précédent en ampleur contre le peuple palestinien».

Invoquant le bilan des morts croissant chez les civils palestiniens, M. Mansour a réclamé que le conseil «endosse ses responsabilités et cesse cette agression contre notre peuple».

Le secrétaire général des Nations unies Ban Ki-moon a dit avoir appelé à la retenue lors d'une série d'appels téléphoniques effectués auprès des Israéliens, des Palestiniens et d'autres leaders régionaux, mettant en garde contre le fait qu'une nouvelle vague de violence entre ces deux peuples voisins risquait de déclencher une autre guerre totale.

Le dirigeant de l'ONU a également pressé le président égyptien, les leaders du Qatar et de l'Arabie saoudite, ainsi que le secrétaire d'État américain John Kerry de faire pression sur les deux camps afin d'en revenir à l'accord de cessez-le-feu de novembre 2012 et de reprendre les négociations de paix.

Au cours d'une conférence de presse, mercredi, M. Ban a affirmé que «la détérioration de la situation menait à une spirale qui pourrait rapidement devenir hors de contrôle pour tous».

Sur le terrain, des leaders israéliens indiquaient qu'une opération terrestre d'une semaine pourrait être lancée très bientôt.

L'armée israélienne a dit avoir frappé environ 300 cibles reliées au Hamas au deuxième jour de son offensive, qui vise à faire cesser les tirs de roquettes de Palestiniens à partir de Gaza.

Néanmoins, des militants palestiniens ont continué à tirer des roquettes de plus en plus loin dans le territoire israélien, et Israël a mobilisé des milliers de soldats le long de la frontière avec Gaza en vue d'une possible attaque terrestre.

À la suite d'une rencontre du cabinet de sécurité, le premier ministre Benyamin Netanyahou a affirmé que l'armée était prête «à toutes les éventualités», et que le Hamas «paierait cher» pour avoir tiré sur des citoyens israéliens.

L'Égypte, qui sert souvent de médiateur entre Israël et les Palestiniens, a dit être en contact avec les deux camps pour mettre fin aux violences. Il s'agit du premier signal laissant entrevoir des efforts pour un cessez-le-feu depuis les débuts de l'offensive, mardi.

Alors que le bilan s'alourdit, le président palestinien Mahmoud Abbas a accusé Israël de commettre un «génocide».

«En dépit du fait que ce sera difficile, complexe et coûteux, nous devrons prendre le contrôle de Gaza temporairement, pour quelques semaines, pour contrer le renforcement de cette armée terroriste», a dit à la radio le ministre israélien responsable des services de renseignement, Yuval Steinitz.

Malgré les menaces appuyées, les responsables de la sécurité en Israël sont encore hésitants à ordonner une attaque terrestre qui pose de nombreux risques. Entrer dans Gaza pourrait mener à de lourdes pertes du côté des civils palestiniens tout en mettant en grand danger les forces israéliennes au sol.

On ignore si la communauté internationale soutiendrait une telle opération, ou comment Israël y mettrait fin. Les autorités ne souhaitent pas vraiment reprendre le contrôle de Gaza, dont Israël s'est retiré en 2005.

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