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Indonésie: Widodo revendique la victoire à la présidentielle

09/07/2014 04:30 EDT | Actualisé 07/09/2014 05:12 EDT

Le gourverneur de Jakarta, Joko Widodo, a revendiqué la victoire à l'élection présidentielle mercredi en Indonésie, peu après la clôture du scrutin le plus crucial dans la troisième démocratie du monde depuis la chute du dictateur Suharto il y a 16 ans.

D'après des enquêtes réalisées par plusieurs instituts de sondage à partir du décompte des bulletins de vote, Joko Widodo, surnommé Jokowi, recueille environ 53% des suffrages contre 47% pour son rival, l'ex-général controversé Prabowo Subianto.

Entouré de membres de sa formation, le Parti démocratique indonésien de la lutte (PDI-P), Jokowi a déclaré lors d'une conférence de presse à Jakarta, une heure et demie après la clôture du scrutin: "Nous voudrions remercier chaleureusement tous les Indonésiens (...) ainsi que les membres du parti qui ont travaillé dur du matin au soir".

"Les résultats montrent pour le moment que Jokowi-JK l'emportent", a-t-il ajouté en référence à son candidat à la vice-présidence, Jusuf Kalla.

Un peu plus tôt, la dirigeante du PDI-P, Megawati Soekarnoputri, avait indiqué que sur la base de ces estimations en général très fiables, Jokowi pouvait "être déclaré président de 2014 à 2019".

Mais l'équipe de campagne de Prabowo Subianto, le rival de Jokowi, a refusé de concéder la défaite. "Le processus est toujours en cours", a déclaré son chef de campagne, Mahfud MD, ajoutant que "d'après les sondages de nos instituts, la victoire est de notre côté".

Près de 190 millions d'électeurs dans cet immense archipel de 17.000 îles et îlots étaient appelés à choisir entre deux candidats dont la personnalité et la vision de l'avenir du pays sont très différentes.

Jokowi est considéré par ses partisans comme le candidat qui poursuivra les réformes démocratiques de l'ère post-Suharto (1967-1998). Cet ancien vendeur de meubles est le premier candidat à la présidentielle sans liens avec le régime autoritaire du passé.

Agé de 53 ans, il a connu une ascension fulgurante en politique après avoir transformé la ville de Solo dont il a été maire, et avoir été propulsé gouverneur de Jakarta en 2012. Très populaire, il a soulevé l'espoir d'une nouvelle classe de dirigeants politiques, qui reste gouvernée par une élite issue de l'époque de Suharto.

Son rival, Prabowo Subianto, est un ancien gendre de Suharto qui a reconnu avoir enlevé des militants prodémocratie à la fin de l'ère Suharto. Il s'est présenté comme un dirigeant à poigne dont l'Indonésie a besoin, séduisant une partie de l'électorat qui voit en lui une forte personnalité. Il a déclaré récemment que la démocratie telle qu'elle est conçue en Occident n'était "pas adaptée à l'Indonésie", faisant craindre un retour à l'autoritarisme.

En venant voter à Jakarta, Jokowi peinait à se frayer un chemin jusqu'à l'isoloir, encerclé par des centaines de journalistes qui jouaient des coudes, ainsi que des électeurs qui scandaient son surnom. Il était vêtu d'une chemise traditionnelle à motifs, accompagné par sa femme portant le voile islamique, dans le plus grand pays musulman au monde.

- Foule enthousiaste -

Prabowo a lui aussi été accueilli par une foule enthousiaste dans un bureau de vote à la périphérie de Jakarta, où il est arrivé à bord d'un tout-terrain escorté par deux policiers à cheval.

Le vainqueur du scrutin, dont les résultats officiels seront annoncés les 21 et 22 juillet, succédera au président Susilo Bambang Yudhoyono, auquel la Constitution interdit de se représenter après deux mandats de cinq ans.

"En terme de voie démocratique, il s'agit potentiellement d'un tournant très important" pour la première économie d'Asie du Sud-Est, explique à l'AFP Tobias Basuki, analyste du Centre pour les études stratégiques et internationales (CSIS).

Les deux candidats sont les seuls à avoir obtenu le soutien d'une coalition de partis représentant au moins 20% des 560 sièges de la chambre basse.

Pendant des mois, Jokowi a bénéficié dans les sondages d'une large avance, mais la marge s'était considérablement réduite ces dernières semaines.

Les programmes des deux candidats sont similaires. Ils ont mis en avant la lutte contre la corruption endémique et l'aide aux plus démunis, dans un pays de 250 millions d'habitants où près de la moitié de la population vit avec moins de deux dollars par jour.

Jokowi semble être le candidat préféré des marchés, Prabowo faisant craindre la fuite de nombre d'investisseurs étrangers, selon certains analystes.

bur-bfi/ml

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