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France: quatre ans ferme pour un candidat au jihad arrêté au Mali

09/07/2014 09:33 EDT | Actualisé 08/09/2014 05:12 EDT

Le tribunal correctionnel de Paris a condamné mercredi à quatre années d'emprisonnement ferme un candidat français au jihad arrêté en novembre 2012 au Mali, alors qu'il tentait de rejoindre des groupes islamistes qui s'étaient emparés du nord du pays.

Le tribunal n'a pas suivi les réquisitions du ministère public, qui avait demandé une peine de six ans de prison ferme à l'encontre d'Ibrahim Ouattara, Français d'origine malienne, âgé de 26 ans.

Le jeune homme avait déjà été condamné en mars à une peine de sept ans pour avoir vainement tenté en 2009 et 2010 de gagner des maquis jihadistes au Pakistan, en Afghanistan ou en Somalie, sans jamais y parvenir.

Il avait été arrêté à Sévaré, dans le centre du Mali, alors qu'il était en liberté sous contrôle judiciaire dans le cadre de cette première affaire.

Les juges "ont rééquilibré" le dossier, a estimé Me Zoé Royaux, avocate de l'un des complices de M. Ouattara, Khalifa Dramé, condamné à 30 mois d'emprisonnement ferme, quand le parquet avait requis 4 ans ferme. Le second complice, Hakim Soukni, qui comparaissait libre, a, lui, été relaxé.

Pour Me Royaux, le tribunal n'est pas rentré dans le "fantasme judiciaire" qu'avaient voulu entretenir, selon elle, l'instruction et le parquet.

A l'audience, le procureur avait décrit Ouattara comme "le leader et l'éclaireur" qui avait cherché à "créer un groupe autour de lui".

Ibrahim Ouattara, qui refuse depuis son premier procès l'assistance d'un avocat, avait expliqué à l'audience qu'après une enfance chaotique, de père inconnu, maltraité par sa mère et placé en foyer, il avait "toujours été à la recherche de quelque chose", jusqu'à sa rencontre avec l'islam, cette religion dans laquelle il a "trouvé toutes les réponses à (ses) questions".

Il avait ensuite expliqué avoir trouvé "sur internet" les réponses à son questionnement sur le jihad. "J'ai cette conviction que la lutte armée est nécessaire, si on ne m'apporte pas la preuve du contraire je persisterai dans cette voie. Quelle que soit la décision que vous allez prendre, ça m'est égal", avait-il conclu.

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