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Dialogue Chine/USA à Pékin pour tenter d'aplanir les différends

09/07/2014 03:13 EDT | Actualisé 07/09/2014 05:12 EDT

Le président chinois Xi Jinping a appelé mercredi à Pékin les États-Unis et la Chine à aplanir leurs différends, au premier jour de négociations à haut niveau entre les deux puissances, en butte à des frictions récurrentes.

"Il est naturel que la Chine et les États-Unis aient des points de vue différents, et même des litiges sur certaines questions", a déclaré M. Xi à l'ouverture de ces deux journées de discussions, en présence du chef de la diplomatie américaine, John Kerry.

"C'est ce qui rend la communication et la coopération d'autant plus nécessaires", a insisté le numéro un chinois, s'exprimant dans la résidence officielle qui avait accueilli en 1972 la rencontre historique entre le président américain Richard Nixon et Mao Tsé-toung.

La question du dérèglement climatique figurait au menu des échanges, la Chine et les Etats-Unis étant les deux principaux émetteurs mondiaux de gaz à effet de serre.

Les deux délégations se sont mises d'accord pour lancer huit projets pilotes visant à réduire leur empreinte carbone.

"Le changement climatique ne connaît pas de frontière", a souligné John Kerry. Le secrétaire d'État a ajouté que les deux pays connaissaient "maintenant mieux que jamais" les conséquences de leur "inaction" dans ce domaine.

En avril dernier, l'Union européenne avait sommé Pékin et Washington à s'engager immédiatement à réduire leurs émissions de gaz a effet de serre.

Tous les experts s'accordent en effet pour dire que la Chine et les Etats-Unis auront un rôle crucial pour la conférence de Paris en 2015, où la communauté internationale s'est donné rendez-vous, avec comme objectif de sceller l'accord le plus ambitieux jamais conclu pour lutter contre le réchauffement.

Xie Zhenhua, chargé du dossier par Pékin, a assuré que la Chine travaillait sur de nouveaux objectifs de réduction des émissions, tout en rappelant le statut de puissance émergente du pays.

"Nous sommes d'accord pour agir ensemble face au changement climatique, mais nos responsabilités sont différenciées", a-t-il insisté, reprenant la position martelée depuis des années par Pékin.

Ce sixième dialogue économique et stratégique s'ouvre dans un contexte de tensions accrues entre les deux premières puissances mondiales, aiguisées par les différends maritimes opposant la Chine et certains de ses voisins alliés de Washington, ainsi que par une vive controverse sur la sécurité informatique.

Dans un communiqué rendu public à l'ouverture des entretiens, le président Barack Obama a appelé les deux pays à "faire face avec franchise" à leurs dissensions.

"Les Etats-Unis et la Chine ne peuvent pas aller de conserve sur chaque sujet", a affirmé le chef de l'Etat américain.

Le secrétaire d'État américain, John Kerry, à la tête de la délégation américaine avec le secrétaire au Trésor, Jack Lew, a de son côté assuré que les États-Unis ne cherchaient pas à "limiter l'expansion de la Chine", mais au contraire accueillaient favorablement "l'émergence d'une Chine pacifique, stable et prospère".

Les relations sino-américaines ont pâti de l'inculpation en mai par la justice américaine de cinq officiers chinois pour piratage informatique et espionnage économique. Pékin avait réagi en se retirant d'un groupe de travail commun sur la sécurité informatique.

Si Xi Jinping n'a pas directement abordé la question des revendications territoriales, il a répété que la Chine était déterminée à forger "des relations amicales avec ses voisins, et au-delà".

John Kerry veut pousser la Chine à réintégrer le groupe de travail sur la cybersécurité, censé oeuvrer à l'harmonisation des règles d'utilisation de l'internet.

Le commerce entre les deux puissances a bondi à un montant de 520 milliards de dollars l'année dernière, soit un quart du volume mondial.

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