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Afghanistan: le nombre de morts et blessés civils en hausse de 24% (ONU)

09/07/2014 02:39 EDT | Actualisé 07/09/2014 05:12 EDT

Le nombre de victimes du conflit afghan a augmenté de 24% dans la première moitié de 2014, a annoncé mercredi l'ONU, signe d'une intensification des combats inquiétante à six mois du retrait des troupes de l'Otan du pays.

Dans son rapport semestriel sur les victimes civiles de la mission de l'ONU en Afghanistan (Unama) a recensé 4.853 victimes civiles des combats, bombes artisanales ou attentats suicide du 1er janvier au 30 juin.

Parmi elles, 1.564 sont décédées, soit +17% par rapport à la même période en 2013, et 3.289 ont été blessées (+28%).

Tendance notable, le nombre de victimes de combats au sol a presque doublé (+89%) et dépasse pour la première fois, avec 39% des victimes, celui lié aux bombes artisanales (30%).

"La nature du conflit en Afghanistan a changé en 2014 avec une escalade du nombre d'engagements au sol dans des zones peuplées", a expliqué dans un communiqué le chef de l'Unama, Jan Kubis, ajoutant que "l'impact sur les civils, y compris les Afghans les plus vulnérables, s'avère dévastateur".

Parmi les victimes les plus vulnérables figurent les enfants (+34% de tués et blessés, avec 295 morts et 776 blessés) et les femmes (+24%, 148 tuées et 292 blessées).

La publication de ce rapport semestriel, la dernière avant le départ des troupes de l'Otan prévu à la fin de 2014, intervient alors que la "saison des combats" entre les forces afghanes et les insurgés talibans est particulièrement intense, avec notamment des affrontements sanglants dans le Helmand (sud), un fief des talibans.

L'Unama attribue 74% des victimes civiles aux insurgés, et 9% aux forces "pro-gouvernement" (8% pour les forces afghans et 1% pour les forces internationales). Le reste des victimes est le fait de munitions non explosés.

Face à cette hausse importante, l'Unama appelle les deux camps à "cesser les tirs de mortiers, roquettes et grenades" dans les zones peuplées.

Le contexte politique est également tendu autour de la désignation d'un nouveau président pour succéder à Hamid Karzaï, seul homme à avoir dirigé le pays depuis la chute du régime fondamentaliste des talibans à la fin 2001.

Le désaccord entre les deux candidats Abdullah Abdullah et Ashraf Ghani à propos du résultat du deuxième tour de la présidentielle du 14 juin fait craindre une montée des tensions communautaires, en plus des menaces insurgées.

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