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É.-U.: la frontière sud est en passe d'être «submergée» par des jeunes migrants

09/07/2014 04:10 EDT | Actualisé 08/09/2014 05:12 EDT

WASHINGTON - D'importants responsables de l'administration Obama ont déclaré mercredi à des sénateurs américains qu'ils peinaient à contenir l'afflux d'immigrants à la frontière sud, reconnaissant qu'ils ont été dépassés alors que des dizaines de milliers d'enfants non accompagnés continuent d'arriver en provenance d'une Amérique centrale secouée par les violences.

L'administrateur de l'Agence fédérale de gestion des urgences, Craig Fugate, a ainsi reconnu que le gouvernement n'avait pas été en mesure de s'assurer que les enfants sans papiers arrivés seuls soient traités aussi rapidement que prévu par les services frontaliers. S'il a reconnu devant le comité sénatorial de la sécurité nationale et des affaires gouvernementales que des progrès avaient été accomplis, M. Fugate a précisé que ces avancées sont souvent grevées par des enfants arrivant à une vitesse supérieure à la capacité de traitement des autorités.

Selon Gil Kerlikowske, la commissaire américaine des Services frontaliers et de la Protection des frontières, le nombre d'enfants arrêtés depuis octobre s'établit désormais à 57 000, en hausse par rapport à 52 000 à la mi-juin, et plus du double du total constaté à pareille date l'an dernier.

Ce témoignage survient 24 heures après que le président Barack Obama eut fait appel au Congrès pour obtenir une enveloppe urgente de 3,7 milliards $ US dans le but de juguler la crise, qui est devenu un enjeu politique pour son administration, alors que l'affaire déclenche de vifs débats sur la colline du Capitole et au-delà. M. Obama se trouvait mercredi au Texas pour une campagne de financement, mais il a résisté aux appels pour qu'il visite la frontière. Il a plutôt rencontré le gouverneur de l'État, le républicain Rick Perry, à Dallas.

La crise a fourni aux républicains une nouvelle opportunité pour remettre en question la compétence de l'administration, alors que la crise vient complexifier davantage la question de la réforme des lois nationales sur l'immigration.

Lors d'une audience tenue mercredi, les républicains ont martelé que la meilleure façon de contrôler le flot de migrants serait de déporter les enfants plus rapidement, critiquant au passage une campagne publicitaire en cours de préparation par la Maison-Blanche et destinée aux pays d'Amérique centrale.

L'administration Obama dit vouloir plus de flexibilité pour expulser les enfants plus rapidement, puisque les lois actuelles font en sorte que les mineurs provenant d'ailleurs que du Mexique et du Canada doivent passer par les tribunaux dans le cadre d'un processus souvent long. Mais les défenseurs des droits des immigrants et certains démocrates n'apprécient pas cette perspective, arguant que cela mettrait en danger les protections juridiques dont disposent les enfants, leur faisant ainsi courir des risques.

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