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Vente de Mistral à la Russie: arrivée en France de 400 marins russes en formation

30/06/2014 05:01 EDT | Actualisé 29/08/2014 05:12 EDT

Quelque 400 marins russes sont arrivés lundi au port de Saint-Nazaire (ouest de la France) pour se former à l'utilisation de deux navires de type Mistral, dont la vente par la France à la Russie suscite la controverse dans le contexte de crise ukrainienne.

La livraison, prévue à l'automne, provoque des tensions entre Paris et ses alliés. Le président américain Barack Obama avait encore exprimé début juin son "inquiétude" sur la poursuite de tels contrats au moment où la Russie "a violé la loi internationale" en annexant la péninsule ukrainienne de Crimée.

Les 400 marins russes, qui représentent deux équipages de 200 hommes, doivent se former au maniement des Mistral jusqu'à l'automne. Il seront logés à bord du navire militaire russe Smolny qui doit s'amarrer à quai derrière le Vladivostok, premier des deux BPC fabriqué par les chantiers navals STX pour le compte de DCNS.

Le Smolny, tiré par des remorqueurs français, est entré tôt lundi matin dans le port avant de traverser l'écluse donnant accès au bassin où l'attendait le Vladivostok. Les marins étaient visibles à

travers les hublots de leurs cabines dans le navire portant la croix bleue, l'enseigne de la marine russe.

En 2015, c'est le jumeau du Vladivostok, le Sébastopol, en cours d'assemblage, qui doit à son tour rejoindre les forces de la Marine russe. Le montant total du contrat, conclu en juin 2011, s'élève à 1,2 milliard d'euros.

Sauf durcissement de la situation en Ukraine, qui entraînerait un renforcement des sanctions internationales, Paris entend pour l'instant maintenir la vente des deux BPC.

Dimanche une cinquantaine de militants pro-ukrainiens avaient manifesté à Saint-Nazaire pour dénoncer la vente à Moscou de ces navires de guerre.

"Hollande, non à la formation des 400 tueurs de Poutine", "Non au contrat Mistral" et "Hollande, l'honneur de la France vaut plus que des Mistral", pouvait-on lire sur des banderoles brandies non loin du Vladivostok.

"Nous exhortons le gouvernement français (...) à ne pas remettre de hautes technologies militaires entre les mains de l'agresseur le plus puissant d'Europe", a déclaré Nathalie Pasternak, présidente du Comité représentatif de la communauté des Ukrainiens de France, qui appelait à ce rassemblement.

Les BPC Mistral peuvent embarquer 16 hélicoptères, 13 chars, une centaine de véhicules et amener 450 soldats sur un théâtre d'opération.

Début juin, le président russe Vladimir Poutine avait mis la France en garde contre une annulation du contrat. "Si la France décide d'annuler ce contrat, elle peut le faire. Nous exigerons alors un dédommagement. Mais cela ne contribuera pas positivement au futur développement de nos relations dans le domaine de la coopération technique et militaire".

Fin mai, trois élus du Congrès américain avaient appelé la France à rompre le contrat pour, à la place, vendre ou louer les deux navires à l'Otan.

Le contrat suscite aussi des oppositions dans l'UE: début juin, le ministre polonais des Affaires étrangères Radoslaw Sikorski s'était prononcé contre la livraison des bâtiments estimant que la France fournissait des "armes efficaces à un agresseur".

axt-bar/kat/pt

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