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Référendum à Hong Kong: la presse chinoise dénonce un climat de "paranoïa politique"

30/06/2014 12:44 EDT | Actualisé 29/08/2014 05:12 EDT

Après la conclusion d'un référendum officieux organisé à Hong Kong sur l'instauration du suffrage universel direct dans ce territoire, les médias d'Etat chinois dénonçaient lundi ce scrutin comme "illégal", anti-patriotique et motivé par la "paranoïa politique".

Achevé dimanche, ce "référendum citoyen" sur le mode d'élection du prochain chef de l'exécutif local en 2017 a passionné le territoire du sud de la Chine, et près de 800.000 Hongkongais y ont pris part, selon ses organisateurs.

Se déroulant sur dix jours, le référendum, qui demandait aux habitants de choisir entre trois modes de scrutin pour leur prochain dirigeant, avait été lancé à l'initiative de l'association prodémocratie "Occupy Central" --du nom du quartier des affaires de Hong Kong--.

Le Global Times, média officiel émanant du Parti communiste chinois, a accusé les organisateurs du référendum de manquer de "patriotisme".

"L'exigence de base pour devenir chef de l'exécutif (à Hong Kong) est d'aimer à la fois son pays (la Chine) et Hong Kong. Ce que l'opposition refuse", a-t-il indiqué dans un éditorial.

"Certaines personnes se sont affolées de façon erratique. En apparence, elles semblent civilisées et agissent de façon rationnelle, mais leur paranoïa politique est près de s'emballer", a relevé le quotidien dans un éditorial au ton virulent.

De son côté, le China Daily, un autre quotidien officiel, a qualifié le référendum de "farce politique anti-constitutionnelle", "sans statut légal" et condamné le soutien des Etats-Unis à l'opération.

"Le gouvernement américain a exprimé de façon répétée son soutien inconditionnel pour ce référendum, en sus de financer des activités illégales à Hong Kong par l'intermédiaire de divers canaux +privés+", a-t-il souligné sans autres détails.

La Chine a promis d'instaurer le suffrage universel direct pour l'élection du chef de l'exécutif en 2017 et celle du Parlement en 2020. Mais tous les candidats devront être approuvés par un comité de nomination, ce que refusent de nombreux démocrates locaux.

Signe des inquiétudes croissantes des Hongkongais sur leur avenir, un demi-million d'habitants du territoire devraient participer mardi au traditionnel défilé du 1er juillet (jour anniversaire de la rétrocession du territoire à la Chine) pour réclamer le droit de décider de leurs dirigeants sans l'ingérence de Pékin.

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