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Reprise du procès Pistorius, pénalement responsable selon les psychiatres

30/06/2014 05:35 EDT | Actualisé 30/08/2014 05:12 EDT

Oscar Pistorius était en pleine possession de ses facultés mentales lorsqu'il a tué sa petite amie en 2013, selon les experts psychiatres l'ayant examiné pendant un mois, dont les conclusions ont été rendues publiques à la reprise du procès lundi.

Le champion paralympique sud-africain de 27 ans, jugé à Pretoria depuis le 3 mars et dont le 34e jour de procès a repris lundi, après un long ajournement, n'a lui-même jamais soulevé un quelconque trouble psychique pour expliquer son geste fatal le 14 février 2013.

Accusé d'avoir sciemment tué Reeva Steenkamp après une dispute, Pistorius plaide non coupable et assure qu'il se croyait attaqué par un cambrioleur et a paniqué quand il a ouvert le feu et tiré quatre fois sur la porte des WC de la salle de bains de sa chambre.

A l'appui de sa version, sa défense a fait citer à la barre en mai une psychologue sud-africaine venue affirmer que Pistorius, qui vivait constamment armé, souffrait d'un trouble anxieux généralisé remontant à l'enfance et contribuant à expliquer le meurtre.

Mais après contre-expertise, ce portrait psychologique d'un Pistorius dérangé au point de ne pas savoir ce qu'il faisait quand il a tiré ne tient pas.

"M. Pistorius ne souffrait pas d'un trouble mental ou d'une infirmité qui l'aurait rendu pénalement irresponsable de l'acte dont il est accusé", ont en effet conclu les trois psychiatres et le psychologue chargés d'établir un diagnostic indépendant, selon leurs rapports succintement résumés à la barre par le procureur Gerrie Nel.

"M. Pistorius était en mesure d'apprécier que ce qu'il faisait était mal", a-t-il ajouté, soulignant que les quatre médecins aboutissaient aux mêmes conclusions, présentées dans deux rapports distincts.

Si les experts avaient au contraire diagnostiqué un réel dérangement psychiatrique, cela aurait pu être retenu comme une circonstance atténuante, mais aussi conduire Pistorius à être interné dans un hôpital psychiatrique avec d'autres malades pour une durée indéfinie.

Le sportif double amputé, mondialement connu pour sa participation aux Jeux olympiques de Londres 2012 avec les valides, est passible de la prison à vie, soit 25 ans de réclusion incompressible.

- Personnalité égocentrique -

Selon l'accusation, le sportif ne vivait pas dans la peur permanente de l'insécurité ou d'un cambriolage comme il le dit, mais avait développé une personnalité égocentrique avec une propension à se croire au-dessus des lois, à se montrer instable, dominateur et fuyant en permanence ses responsabilités.

Pistorius connaissait Reeva Steenkamp depuis trois mois quand il l'a abattue chez lui, aux premières heures de la Saint-Valentin 2013.

Lors de son interrogatoire à la barre en avril, il avait dit avoir fait "une terrible erreur".

Il avait aussi suggéré qu'il n'était pas rationnel lorsqu'il avait déchargé son 9 mm, déclarant "n'avoir pas eu le temps de réfléchir" et avoir tiré "par accident".

"Je n'avais pas l'intention de tuer Reeva, ni personne d'autre", avait-il prétendu, se retranchant derrière la thèse d'une action involontaire.

A l'audience, Barry Roux, l'avocat de Pistorius, n'a pas contesté les dires du procureur mais a refusé de dévoiler sa tactique pour la suite.

Dans l'immédiat, il a laissé le procès reprendre comme si de rien n'était, produisant comme nouveau témoin à décharge une vieille connaissance de Pistorius: le chirurgien orthopédique Gerald Versfeld, qui l'a amputé de ses deux pieds à l'âge de 11 mois.

Né sans péronés, Pistorius a été équipé de prothèses pour se déplacer.

Poussé par sa famille à ignorer son handicap et à vivre comme tous les petits Sud-Africains blancs de son âge, il a eu accès à tous les sports possibles.

C'est après une blessure au rugby à l'adolescence qu'il s'est découvert une vocation d'avenir sur les pistes d'athlétisme, s'imposant comme une bête de compétition sur ses lames de carbone en forme de pattes de félin et accumulant les trophées (six médailles d'or entre 2004 et 2012).

Sportif hors norme, coqueluche de millions d'admirateurs dans le monde, Pistorius n'en demeurait pas moins vulnérable, notamment en cas de cambriolage, selon le docteur Versfeld: "Sur ses moignons, Oscar Pistorius marche ou se tient difficilement debout sans aide", a-t-il dit, et "sa capacité à écarter un danger est sérieusement entamée".

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