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Mondial-2014 - France-Nigeria: Et la lumière est venue de Pogba

30/06/2014 02:30 EDT | Actualisé 30/08/2014 05:12 EDT

Inconstant, voire parfois inconsistant pendant une heure, Paul Pogba a longtemps symbolisé les carences au milieu de terrain des Français contre le Nigeria (2-0), mais sa tête salvatrice les a propulsés en quart de finale du Mondial, lundi à Brasilia.

La mémoire a parfois du bon. A mesure que ce match irrespirable et indécis avançait, malgré la domination d'ensemble des Nigérians et des coups de boutoirs français dans la dernière demi-heure, on se disait que les Bleus vivaient peut-être leur France-Paraguay de 1998 à Lens, sans savoir de qui viendrait la lumière.

Au final, ce sont les 191 centimètres de Pogba qui ont libéré la France. Le Juventino s'est élevé verticalement à la réception d'un corner de Valbuena, mal détourné par Enyeama -sa seule erreur durant un match héroïque-, pour placer avec application le ballon dans le but vide et épargner aux Bleus une déconvenue face à la 44e nation Fifa, qui a été loin de démériter.

Le coup était dur pour Enyeama qui avait repoussé l'échéance tant de fois dans ce match loin d'être maîtrisé par les hommes de Didier Deschamps, mais qui au final se sont créé les plus franches occasions. Le portier lillois venait de gagner deux duels face à Benzema (70, 78) et avait vu la transversale repousser une sublime reprise de volée de Cabaye (77).

En première période il était resté solide sur ses appuis pour repousser tant bien que mal une volée de Pogba (22), admirablement servi par Valbuena après un une-deux déroutant pour la déféense adverse.

Comment en vouloir au jeune milieu de 21 ans sur cette action, pour une fois limpide et bien menée de sa part, alors qu'il semblait emprunté, hésitant dans ses relances, ses choix, parfois même apathique face à l'étau adverse ?

- Perdu dans sa zone -

A l'instar d'un Matuidi en souffrance sur son côté gauche en première période, Pogba a souvent semblé perdu dans sa zone et en manque d'idées dans ce qu'il réussit le mieux, les percées plein axe. Rien de bon n'émergeait de sa performance du jour, au point qu'on se demandait quand Didier Deschamps déciderait de faire entrer Moussa Sissoko, au moins pour verrouiller l'entre-jeu avant que le Nigeria ne fasse la différence.

Mais le sélectionneur sentait bien que le second acte serait d'une autre facture et que peu à peu, devant un Cabaye immense d'abnégation et vigilant de tous les instants, Pogba et Matuidi finiraient bien par prendre le dessus sur leurs vis-à-vis.

Tactique payante, à l'heure de jeu les Nigérians reculaient peu à peu, ce qui permettaient aux deux préposés au box-to-box (aller-reour entre les deux surfaces) de créer du surnombre, donc du danger, avec moins de crainte de voir les Nigérians partir dans leur dos.

Les assauts bleus se sont ainsi répétés sans succès sur les cages d'Enyeama, jusqu'au corner de Valbuena et le troisième but, de loin le plus important, en 15 sélections de Pogba.

Critiqué pour son début de Mondial mi-figue, mi-raisin, en raison de cet immense potentiel qui ne trouve pas encore sa pleine expression, le jeune Paul a finalement délivré une prestation qui ne donnera pas plus de réponse ni de solution quant aux préoccupations le concernant.

Mais, sans jamais baisser les bras, il a été là quand il le fallait pour montrer la voie aux Bleus. Après tout, plus que Digne et son rôle de remplaçant, et Varane, également sacré chez les U20 sans jouer, il sait ce que c'est que conduire la France vers un titre de champion du monde.

nip/jta

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