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Le pétrole affecté à New York par l'apaisement des craintes sur l'Irak

30/06/2014 03:29 EDT | Actualisé 30/08/2014 05:12 EDT

Les cours du pétrole coté à New York ont poursuivi leur recul lundi, la prime de risque liée à la crise irakienne se dégonflant peu à peu dans la mesure où la production pétrolière du pays n'est pour l'instant pas affectée.

Le prix du baril de "light sweet crude" (WTI) pour livraison en août a diminué de 37 cents sur le New York Mercantile Exchange (Nymex) pour s'établir à 105,37 dollars.

Après avoir grimpé à la mi-juin à leur plus haut niveau depuis septembre au début de l'offensive fulgurante menée par des jihadistes sunnites en Irak, les cours du brut se replient chaque séance un peu plus.

"La crainte de voir l'offre de brut irakien affectée par les combats a dans un premier temps poussé le marché à intégrer une prime de risque", a expliqué Gene McGillian de Tradition Energy. "Mais comme on n'a pas constaté de véritables perturbations, les investisseurs effectuent quelques prises de bénéfices".

Les combats entre les insurgés de l'Etat islamique en Irak et au Levant (EIIL) et les forces gouvernementales restent en effet circonscrits dans le nord et l'ouest du pays, alors que la grande majorité des infrastructures pétrolières de l'Irak, deuxième producteur de l'Organisation des pays exportateurs de pétrole (Opep) derrière l'Arabie Saoudite, se situe dans le sud. Les exportations pétrolières irakiennes n'ont pour l'instant pas été affectées.

De plus les soldats irakiens poursuivaient lundi pour le troisième jour consécutif une contre-offensive visant à reprendre Tikrit (nord), ancien fief de Saddam Hussein tombé comme de nombreuses autres régions aux mains des rebelles.

Pour aider l'armée à regagner du terrain après sa débandade initiale, la Russie a livré cinq avions de combat Sukhoi et les Etats-Unis ont envoyé des experts militaires et des drones pour survoler Bagdad.

Parallèlement, les fondamentaux du marché aux Etats-Unis "ne sont pas en faveur d'une montée des cours" avec des stocks de brut qui continuent de grimper, a avancé Gene McGillian.

Toutefois, a-t-il ajouté, "l'instabilité reste grande en Irak, deuxième producteur de l'Opep, et la crise persiste en Ukraine. Aussi il est fort possible qu'on reste dans une fourchette d'échanges limitée en attendant l'émergence d'un nouveau facteur faisant bouger fortement les cours".

"L'attention du marché pourrait se détourner cette semaine des tensions géopolitiques pour se concentrer sur l'état de l'économie mondiale, le début du mois (mardi) marquant le coup d'envoi d'une salve de statistiques nouvelles", a de son côté relevé Matt Smith de Schneider Electric.

Les investisseurs scruteront en particulier le rapport mensuel des autorités américaines sur le marché de l'emploi aux Etats-Unis. Il sera diffusé exceptionnellement jeudi avec un jour d'avance sur le calendrier habituel, les Américains commémorant vendredi l'Indépendance américaine par un jour férié.

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