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Le président ukrainien met fin au cessez-le-feu et relance l'offensive

30/06/2014 12:53 EDT | Actualisé 30/08/2014 05:12 EDT

KIEV, Ukraine - Le président ukrainien Petro Porochenko a annoncé qu'il mettait fin au cessez-le-feu unilatéral avec les séparatistes prorusses dans l'est du pays, affirmant que les forces ukrainiennes reprendraient l'offensive contre les rebelles.

Une déclaration publiée tôt mardi matin sur le site web présidentiel indique que la trêve est suspendue et que «nous attaquerons et libérerons notre pays».

Le fragile cessez-le-feu a expiré lundi soir. L'idée était de donner aux rebelles une chance de déposer les armes et d'entamer des négociations plus vastes avec la paix comme objectif, et comprenant entre autres une amnistie et de nouvelles élections.

Mais les rebelles n'ont pas désarmé, et le cessez-le-feu a été continuellement violé. Les séparatistes prorusses n'ont pas donné suite à la demande présidentielle consistant à abandonner des postes-frontière, ou encore autorisé l'entrée d'observateurs internationaux pour surveiller la trêve.

«La seule chance de mettre le plan de paix en pratique n'a pas été réalisée», a déclaré M. Porochenko dans un discours à la nation. «Cela s'est produit en raison des gestes criminels des combattants.»

Alors que la trêve entrait dans ses dernières heures, M. Porochenko a discuté de la situation au téléphone avec les dirigeants de la Russie, de l'Allemagne et de la France, affirmant que les rebelles n'avaient pas «rempli les conditions».

Il a publié un communiqué à la suite des discussions, soutenant que les exigences en vue du maintien du cessez-le-feu n'avaient pas été respectées.

Le président dit avoir pris sa décision après une réunion du conseil national de sécurité. «Après avoir discuté de la situation, j'ai décidé, en tant que commandant en chef, de ne pas poursuivre le cessez-le-feu unilatéral.»

«La fin de la trêve, voilà notre réponse aux terroristes, aux insurgés armés et aux pillards, à tous ceux qui se moquent de la population pacifique, qui paralysent l'économie de la région... Qui privent les gens d'une vie normale et paisible», a poursuivi le président dans son discours.

La conférence téléphonique réunissait Vladimir Poutine, Angela Merkel et François Hollande.

M. Porochenko avait déjà accepté de prolonger le cessez-le-feu, passé de sept à 10 jours, afin de tenter de mettre fin au conflit ayant déjà fait plus de 400 morts. La trêve a été violée à plusieurs reprises, chaque camp accusant l'autre. Les leaders européens et les États-Unis ont pressé la Russie de faire usage de son influence sur les rebelles pour apaiser les violences et ont menacé d'imposer de nouvelles sanctions économiques contre Moscou.

Si M. Poutine a exprimé son appui envers le cessez-le-feu, l'Occident a accusé le Kremlin de permettre aux armes et aux combattants de circuler librement à travers la frontière.

Selon le porte-parole de la Maison-Blanche, Josh Earnest, les États-Unis ont accueilli favorablement les mots encourageants du président russe, mais le leader du Kremlin doit faire des «gestes tangibles» s'il espère éviter d'autres sanctions. «Nous nous trouvons toujours dans une situation où ces actions n'indiquent pas un niveau de sérieux lorsqu'il est question de procéder à une désescalade en Ukraine», a-t-il ajouté.

Les autorités françaises ont indiqué que les discussions, lors de la conférence téléphonique, avaient tourné autour de la possibilité d'établir un cessez-le-feu complet des deux parties, d'établir une surveillance internationale des frontières entre la Russie et l'Ukraine, de la libération de prisonniers et de la tenue de discussions avec les rebelles séparatistes.

Des combats sporadiques ont éclaté lundi malgré le cessez-le-feu, des bombardements ont tué au moins deux personnes et détruit plusieurs logements dans la ville rebelle de Sloviansk.

Une femme âgée de 62 ans a perdu la vie lorsqu'un obus a atteint son logement du neuvième étage, ont indiqué des voisins.

Les autorités faisaient également enquête sur la mort d'un caméraman russe travaillant pour la chaîne Channel One. Ce dernier a été mortellement blessé dimanche lorsqu'un autobus transportant des journalistes et des mères de soldats a été atteint par des tirs alors qu'il approchait d'une base militaire ukrainienne après la tombée de la nuit. L'homme en question, Anatoli Klian, est le cinquième journaliste à perdre la vie en Ukraine depuis le début de l'insurrection prorusse.

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