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France: amende requise contre le propriétaire de l'éléphant qui a tué un octogénaire

30/06/2014 02:25 EDT | Actualisé 30/08/2014 05:12 EDT

Une amende de 800 euros, dont la moitié avec sursis, a été requise lundi en France contre le directeur d'un cirque dont l'éléphante avait tué un octogénaire dans un village près de Paris, accident rarissime.

La représentante du parquet Hélène Collet entend avec cette amende pour homicide involontaire "éviter un nouveau drame par la suite". L'éléphante continue depuis l'accident, en septembre dernier, à se produire avec le Cirque de l'Europe.

Le drame s'est produit le 8 septembre 2013, sur la place du village de Lizy-sur-Ourcq, en région parisienne, célèbre dans le monde des chapiteaux car son cimetière accueille le tombeau de la famille Bouglione et d'autres tombes de grands noms du cirque.

Le propriétaire du cirque, Max Aucante, venait de ramener l'éléphante d'Afrique dans son enclos en plein air, après un numéro sur une place gazonnée, lorsque le pachyderme a saisi avec sa trompe une bâche, pour la poser sur la clôture électrique, dont les éléphants ont une peur bleue et qui l'empêchait de s'enfuir.

"L'éléphant a été laissé sans surveillance après son numéro, alors qu'il était énervé", a déploré Mme Collet.

L'animal de 5 tonnes avait chargé, franchissant une seconde enceinte édifiée par ses gardiens et formée de barrières et de remorques. D'un coup de trompe, il avait fauché un vieil homme, âgé de 84 ans. Projeté au sol et blessé, cet agriculteur de la région était mort après avoir été transporté à l'hôpital.

Aux enquêteurs, le propriétaire du cirque avait expliqué que "normalement, l'éléphant n'aurait pas dû pouvoir attraper cette bâche", qui protégeait sa réserve de foin de la pluie. L'animal, avec lequel M. Aucante travaille depuis 25 ans, avait déjà provoqué des courts-circuits en s'attaquant à sa barrière électrique avec des branchages.

Avait-on négligemment laissé traîner la bâche dans l'enclos, ou le vent l'a-t-il mise à portée de trompe de l'animal ? La question reste en suspens, M. Aucante n'ayant pas été interrogé par les gendarmes sur ce point et ne s'étant pas présenté à l'audience - son cirque est en tournée.

Les associations de défense des animaux qui comptaient profiter de cette tribune pour demander l'interdiction des éléphants dans les spectacles, n'ont pas pu se constituer parties civiles.

"Ces animaux n'ont rien à faire dans les cirques", a déclaré la présidente de l'association One Voice, Muriel Arnal. "Ce sont des animaux sociaux, qui ont besoin de deux à trois heures de marche par jour et sont en souffrance" sous les chapiteaux, a-t-elle ajouté.

Le jugement doit être rendu le 28 juillet.

fbe/at/thm

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