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Sénégal: élections locales test pour le président Sall

29/06/2014 02:45 EDT | Actualisé 29/08/2014 05:12 EDT

Les Sénégalais ont voté dimanche à des élections municipales et départementales, un scrutin test pour le président Macky Sall au pouvoir depuis plus de deux ans, dont la majorité s'est disloquée.

Le scrutin avait débuté à 08H00 (GMT et locales) et à 18H00, heure prévue pour la clôture, les bureaux de vote avaient commencé progressivement à fermer, a constaté un journaliste de l'AFP.

Au centre de vote Berthe Maubert, dans le centre-ville de Dakar, les portes ont été fermées et le dépouillement devait aussitôt commencer.

Des médias locaux ont annoncé le prolongement du scrutin dans certains lieux où le vote avait démarré avec retard.

Plus de 5,3 millions d'inscrits étaient appelés à choisir entre plus de 2.700 listes de partis ou de simples citoyens, un record, contre 1.600 aux dernières locales de 2009.

Le président Macky Sall a regretté, après avoir voté à Fatick (centre), cette "prolifération des listes" qui complique le vote. M. Sall, qui n'est pas candidat, a "souhaité un scrutin calme sur l'ensemble du territoire", après une campagne marquée par des incidents ayant fait plusieurs blessés.

Aucun incident majeur n'avait été signalé tout au long de la journée mais selon plusieurs responsables et médias locaux, la participation a été faible. Aucun chiffre officiel n'a encore été fourni.

Le scrutin va désigner les conseillers municipaux et départementaux dans 602 collectivités locales, qui éliront à leur tour les maires et les présidents de départements.

Les collectivités locales gèrent notamment le domaine foncier, les ressources naturelles, l'éducation, la jeunesse et la culture.

Le vote constitue aussi un test pour le président Sall et son parti, qui ne contrôle que quelques-unes de ces collectivités.

M. Sall a été élu grâce à une coalition de plusieurs partis en mars 2012, avec plus de 65% des voix, face à Abdoulaye Wade qui était au pouvoir depuis 12 ans.

Le scrutin avait été âprement disputé et émaillé de violences qui avaient fait de six à 15 morts et au moins 150 blessés.

Mais cette alternance, rare sur le continent africain, avait été saluée comme un exemple, dans un pays réputé démocratique qui n'a jamais connu de coup d'Etat.

Deux ans plus tard, la majorité a peiné à s'entendre sur la confection des listes pour les élections locales, des partis ayant accusé le parti présidentiel de "boulimie".

La majorité s'est ainsi disloquée dans de nombreuses zones où elle n'a pas pu présenter des listes communes.

- 'Grogne sociale' -

Créé en 2008, le parti présidentiel ne dispose pas d'une assise forte dans le pays et est miné par des divisions internes. Mais l'Alliance pour la République (APR) espère que ce scrutin lui permettra de renforcer ses bases malgré un contexte difficile de grogne sociale.

Il table sur des mesures gouvernementales pour atténuer les difficultés des ménages: baisse des prix des denrées, des loyers, diminution de l'impôt sur le salaire, institution d'une assurance-maladie universelle et allocation trimestrielle pour les ménages les plus pauvres.

Les autorités ont également lancé un plan de développement qui vise à porter, d'ici à quatre ans, le taux de croissance à 7% pour une période de 10 ans et pour relancer des secteurs jugés prioritaires (agriculture, tourisme, industrie).

La croissance du PIB a été de 3,4% en 2012, 4% en 2013 et pour 2014, la prévision est de 4,6%.

Mais de nombreux Sénégalais estiment toujours que les réformes promises ne se déroulent pas à la cadence voulue.

Durant la campagne, des slogans hostiles ont été lancés, comme "Nous nous sommes trompés de choix" (en élisant Macky Sall).

Le gouvernement a aussi dû faire face au retour sur la scène politique de l'ex-président Wade, rentré au Sénégal fin avril après deux ans passés en France.

A 87 ans, le chef du Parti démocratique sénégalais (PDS) a sillonné le pays pour soutenir ses candidats, avec pour mot d'ordre: "Ces élections sont un référendum pour ou contre Macky Sall", à trois ans de la prochaine présidentielle de 2017.

Les premiers résultats du scrutin devraient être connus dans la nuit de dimanche à lundi et le résultat complet vers la fin de semaine prochaine.

mrb/mba

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